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Marathon des Sables 2013 : ils sont de retour

Par - le 18 avril 2013

Participer au Marathon des Sables 2013 en partageant l’aventure avec trois enfants victimes de handicaps lourds, tel était le pari fou du team Transavia Sportera Handi’Cap. Pari fou, soutenu par Terres d’Aventure, et remporté haut la main par les huit coureurs du team. Retour sur les moments forts de la course.

© Transavia

Qui prenait soin d’Astrid, Marie et Gaëtan quand ils n’étaient pas en joëlette ?

Deux femmes extraordinaires, Marie-Laure et Laure, roulaient en 4X4 pour le transfert des enfants d’un check point à l’autre. Le soir, Astrid, Marie et Gaëtan, étaient pris en charge sous des tentes équipées de matelas, de douches, d’un restaurant et de l’électricité… Et de médecins au cas où… Jérôme Cazade, initiateur et responsable du projet, dira que nonobstant le confort quatre étoiles, faire prendre une douche ou faire dîner un enfant souffrant de handicap prend des heures… D’où la sanctification des assistantes susdites.

Les coureurs doivent être autosuffisants. Concrètement, ça veut dire quoi ?

Ils doivent tout transporter dans leur sac, la bouffe, la flotte, les médicaments, bref être en autonomie totale. Au bivouac on leur monte des tentes berbères, trop basses pour tenir debout, avec des tapis épais comme un lino. On dort sur les pierres, il n’y a pas d’électricité, pas de douches (ça sentait le castor, dit Jérôme mais on le sentait tous alors…) et on dissout de la bouffe lyophilisée dans de l’eau réchauffée dans un trou de sable, matin et soir… Une rondelle de saucisson glissée dans le sac au départ de France devient un dîner à la Tour d’Argent, une place sans pierres sous les reins est une suite au Georges V.

Comment le team appréhendait-il sa gestion de l’effort ?

© TransaviaLa stratégie choisie par le team était de gérer la lenteur… en arrivant dans les délais impartis car au-delà c’est la mise hors course. Chaque coureur devait traîner dans les sables (erg disent les pistards), les pierres (reg disent les pistards), et les montagnes (djebels disent les pistards) une joëlette de 100 kg qui n’est évidemment pas du tout faite pour rouler dans le sable. Il fallait que tout le monde produise son effort en même temps et sur un bon rythme. Toutes les six minutes, s’opérait un changement de poste autour de la joëlette.

Comment s’est déroulé ce Marathon des Sables 2013 ?

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Premier jour : réveil à six heures du mat par les gens qui démontent les tentes. À neuf heures on est en route après le briefing au son des hauts parleurs qui diffusent Highway to hell d’AC/DC ! Au dire des spécialistes, ce premier jour a été le plus dur de toute l’histoire du Marathon des Sables. C’est ultra violent, dans des pierres, on cahote, on se tord les pieds, on n’a pas de rythme, une horreur. 54 degrés et en plus un petit vent de face qui augmente l’effet de déshydratation… On va au bout, et la pire douleur vient des épaules, de ces maudits trapèzes, à cause de cette s… de sac. On arrive après les autres, la seule tente disponible est la dernière, à dache, il fait nuit, moral à quatre cent sous zéro pour certains mais…  mais le lendemain, au moment du départ, les mille concurrents applaudissent le team.

Deuxième jour : 30 km, la plus courte et forcément la plus vache. On la surnomme l’Ultra-Trail du Mont Blanc® (UTMB® pour les intimes), un truc à peu près aussi cintré que le Marathon des Sables et peut-être encore pire… À l’arrivée, l’attachée de presse du Marathon des Sables 2013 se jette dans les bras de Jérôme, l’un des héros, fait immortalisé par le photographe de l’événement.

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Troisième jour : c’est plat comme la main, monotone à mourir, il y en a comme ça pour 38 km, avec bien entendu le vent de face ! En fait, les coureurs peuvent courir sur le plat, et marcher rapidement ailleurs. Mais ils veulent rester groupés, ne serait-ce d’ailleurs que pour tirer les 100 kg de joëlette, et on adopte donc presque partout la marche rapide, la moins douloureuse.

Quatrième jour : la grande étape, 76 km… étonnamment, le meilleur souvenir alors que ce devait être un enfer… Au départ, l’organisation a retenu les cinquante meilleurs de la catégorie hommes et les cinquante meilleures féminines qui ne sont partis qu’à midi. Les coureurs du team et l’enfant qui est avec eux attendent avec impatience le moment de voir passer les bolides de tête, quand ils se feront doubler… Or ces sportifs, qui courent pour la gagne, vont tous s’arrêter à hauteur du team pour leur dire un mot d’encouragement.

Cinquième jour : 42 km au programme, en sachant que bien des « marathon men » vont craquer dans cette étape. C’est pourtant facile, mais on aborde la marche et le désert avec humilité. Arrivée sublime, ils sont très attendus et les enfants sont des stars. Les parents des enfants sont présents, la marraine de l’équipe Assia El Hannouni aussi.

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Sixième jour : les coureurs enfilent les maillots bleus de l’Unicef et font une dernière étape, non-chronométrée, de sept kilomètres, qui les amène à traverser les dunes de Merzouga. Les amis accompagnent la marche, le PDG de Transavia est des leurs, grosse émotion personne n’a vraiment envie d’arriver… Atmosphère de communion universelle. Inoubliable…

© Transavia