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Norouz

Par - le 18 mars 2011

Printemps oblige, pas question de passer à côté du nouvel an iranien : Norouz. C’est comme le 31 janvier c’est qu’une fois dans l’année, alors il ne faut pas le rater.

Mais pour ne pas faire les choses à moitié, ce n’est pas une fête qui est célébrée, mais 3 ! Toutes sous le signe de la renaissance de la nature – petite précision : aucune nostalgie des années hippies n’a épris les iraniens, Norouz est une fête ancestrale perse issue du zoroastrisme.

Chaque année, les festivités débutent le dernier mardi soir avant le 21 mars. Après avoir fait un grand nettoyage de printemps, on attend que la nuit tombe pour descendre dans les rues avec un tas de bois qu’on embrasse dans une ambiance de joie et ferveur. Un par un, on saute par-dessus le feu et on n’oublie pas de crier « sorkhié to az man va zardié man za to » (« donne-moi ta belle couleur rouge et en échange prends ma pâleur »). Une manière d’oublier les longues nuits d’hiver et son cortège de nez qui coule, de manque de soleil et d’hibernation. Pour compléter le tableau de ce dernier mardi de l’année, le Père Noël local dit « Hadji Firouz » est de la partie! A part l’habit rouge il n’a rien de commun avec son semblable occidental ; grand, fin et mat de peau, il défile dans les rues en chantant et en dansant. La fête se poursuit jusqu’à qu’il ne reste plus un brasier à défier.

Le jour J, le 21 mars, toute la famille se lève tôt pour dresser la table du « sôfreh éh hafte sine » avec 7 choses dont le nom commence par un « s »  :  Sabzeh des graines que les femmes ont fait germer, signe de renouveau,  Sabzi des fines herbes,  Sendjed les olives de Bohême, Sibé sorghe les pommes très rouges,  Serkeh du vinaigre,  Sumac du sumac,  Samanou mets fait de jus de blé et de farine, sans oublier le Coran et un recueil de poèmes de Hafez – l’autre religion des iraniens !

On y trouve aussi un bol d’eau où flotte une feuille verte, un bol de lait, un de crème fraîche et un d’œufs colorés, un bocal de poissons rouges et un flacon d’eau de rose. Il y a également un miroir, des chandeliers et les pâtisseries… mmmmmmmmmmmmm que des bonnes choses !!!!

Pour plus de suspense, chaque année l’heure du nouvel an change 🙂 . En fait, elle se cale sur le moment où l’axe de la terre franchit le passage de la saison. En attendant ce moment fatidique, le « Tahvil », on chante des cantiques, des airs traditionnels, on récite des sourates du Coran et des poèmes de Hafez, jusqu’au décompte annoncé par la radio et à zéro tout le monde se lève pour se souhaiter la bonne année. Ensuite, on avale quelque chose sucrée, une cuillère de miel par exemple, histoire que la nouvelle année soit bien sucrée et les plus jeunes trépignent pour ouvrir leurs cadeaux.

Un bon prétexte pour s’empiffrer, rien de neuf au niveau des repas gargantuesques de fin d’année ça c’est international !!! Pour les bonnes résolutions c’est la bonne humeur qui prime : exit les conflits, bonjour la réconciliation et la fête.
13 jours plus tard, il y a une fin à tout… souvent les poissons rouges ont trop empathie de ces jours de fêtes, il n’en reste plus qu’un dans le bocal, le « sabzeh » n’a plus de forme et commence à dégager une odeur peu fraîche et tout ce qui était comestible a été dévoré. Alors pour conjurer le mauvais sort de ce 13e jour on l’oublie, on le nie et on fait la fête ! D’impressionnants pique-niques sont organisés en pleine nature, on s’y rend en procession en emportant avec nous le sabzeh pour le jeter dans une rivière ou un lac – les canards et poissons en feront leur quatre heure ! Puis place aux danses, chants et encore aux festins – aucun iranien n’ira envier l’ambiance des pique-niques estivaux sur la pelouse du parc de la Villette, « petits joueurs ces parisiens » disent-ils !!

Le lendemain, finies les vacances tous au boulot avec 2 mots à la bouche : « Héïdé-toun moborak » ou pour les puristes de la langue Persane « Norouz pirouz » !!

Allez bonne année à tous les Terdaviens !