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Objectif Aventure 2017 – Rencontre avec le réalisateur de « 621 km non-stop »

Par - le 10 janvier 2017

621 kilomètres et 40 000 mètres de dénivelé positif à travers les Alpes : c’est le défi que Pascal Blanc a voulu relever à 50 ans. Son but : établir le record de la traversée mythique en passant par le sentier du GR5. Des rives du lac Léman jusqu’aux portes de la Méditerranée, le film 621 km non-stop retrace l’histoire d’un immense exploit, sous la caméra du réalisateur Philippe Fortin. Rencontre.

 

Bonjour Philippe, comment est née l’idée de filmer cet exploit sportif ?

Tout est parti d’un sms envoyé par Pascal Blanc (le héros du film) à mon compère Pascal Bonnefon (alors rédacteur en chef de Canal Grand Raid). Il y expliquait son projet de traverser le sentier du GR5 de Thonon-les-Bains jusqu’à Nice et d’établir pour la première fois le record de la Grande Traversée des Alpes. Son but : parcourir les 621 kilomètres en 6 jours… Au début je me suis dit que c’était complètement fou, irréalisable. Et puis on se dit que s’il y arrive cela peut faire un super film… Pascal avait envoyé son message à près d’une cinquantaine de journalistes, et nous avons été les seuls à lui répondre. Lorsqu’on a présenté le projet à Jean-Luc Millan, le producteur de Grand Angle Productions, il a tout de suite accepté. L’aventure était lancée…

Comment s’est organisé le tournage ?

Épique ! Nous sommes partis à deux (Pascal Bonnefon et moi). On avait chacun notre caméra et un véhicule de manière à être autonomes. L’idée était de suivre notre aventurier dans son périple le plus possible. On se relayait. Pendant que l’un filmait Pascal sur le GR5, l’autre partait au point de passage suivant. Et il fallait aussi prendre le temps de filmer les Alpes… Ce fut très dur physiquement car vu le caractère itinérant du tournage, on ne pouvait quasiment jamais s’arrêter. On a très peu dormi. Il nous est arrivé tellement de choses… Mais je pense que l’on a vécu l’expérience humaine et sportive la plus forte de notre vie. On le doit à Pascal et à son équipe. Et moi le Bordelais qui pensais détester la montagne, je découvrais les Alpes. J’ai pris une sacrée claque visuelle… On a tourné dans l’un des plus beaux décors naturels de la planète.

621 km non-stop

Votre film est une ode au dépassement de soi. Comment s’y prend-on pour retranscrire cette notion à l’écran ?

Très franchement, je n’ai pas eu à me forcer… avec un personnage comme Pascal Blanc, on est tout le temps dans le dépassement de soi ! J’ai juste essayé de restituer au mieux ce à quoi j’ai assisté : un exploit hors norme.

621 km non-stop

Quel a été le plus beau moment de ce périple ?

Ce sont les moments volés. La nuit où je traversais la vallée de la Clarée (Hautes-Alpes), je me suis retrouvé face à un cerf ; Il était à deux mètres de moi. Il m’a fixé cinq secondes, puis s’est tranquillement engouffré dans les bois. Il ne marchait pas : il défilait. Un moment hors du temps.

Que retenez-vous de votre rencontre avec Pascal Blanc ?

Je dis souvent que les surhommes n’existent pas mais moi j’ai eu la chance d’en rencontrer un. Quelque part ce film nous a liés à jamais. Lorsque nous avons commencé cette aventure ensemble, nous étions bien loin de nous douter que l’on se retrouverait tous les deux un jour pour partager le film avec le public d’Objectif Aventure au Centquatre-Paris… C’est beau ! C’est très beau même… On a gardé contact, on s’appelle souvent d’ailleurs. Lui a réalisé l’exploit de sa vie, et moi j’ai fait le film de ma vie.

Pascal Blanc

Votre prochaine aventure ?

C’est un livre : « INDESTRUCTIBLE – La Grande Traversée des Alpes » (en savoir plus). Un projet qui aura mis plus d’un an à aboutir. C’est mon témoignage. J’y raconte tout ce que j’ai vu et vécu en tant que réalisateur pendant que je filmais Pascal. Faire un film était déjà une opportunité magnifique, mais j’ai eu envie de pousser l’expérience jusqu’au bout. Je me suis senti quelque part obligé. Au début j’ai voulu le faire pour Pascal et pour toute son équipe, mais au fur et à mesure que je noircissais les pages, je me rendais compte que ce livre pouvait en fait toucher tout le monde. Je crois qu’il est impossible de résister à la beauté et à la puissance des Alpes. Et pourtant, atteindre un sommet, courir comme un fou, ça n’était vraiment pas mon truc du tout… C’est aussi ce décalage que j’ai voulu raconter.

 

Commentaire (1)
SPENCER27 janvier 2017 à 20 h 14 min

Bravo!