Accueil  > Agenda > Festivals > Objectif Aventure 2015 – interview croisée

Objectif Aventure 2015 – interview croisée

Par - le 7 janvier 2015

Objectif Aventure approche à grands pas ! Pour entrer dans le vif du sujet, nous sommes allés à la rencontre de deux réalisateurs de talent, Hamid Sardar pour le film « Taigä« , et Mathieu Lelay, pour « la Quête d’inspiration » :

Comment en êtes-vous venu à la réalisation de vos films respectifs ?

Mathieu LelayHamid Sardar

Mathieu Lelay : Pour ma part, c’est le travail et l’univers du photographe Alexandre Deschaumes qui m’ont d’emblée fasciné. Notre collaboration sur une année de travail a été très riche et créative grâce à l’harmonie et entente artistique autour du projet.

Hamid Sardar : J’ai toujours été fasciné par les traditions pastorales des peuples nomades qui migrent en suivant les saisons. A l’image des oiseaux migrateurs, libres, sans barrières. Cette manière de vivre donne tout son sens à mon travail. Je me sens attiré par ces contrées sauvages où l’homme évolue en totale harmonie avec la nature, sans se soucier des influences industrielles. Je fais des films dans des régions sauvages et reculées afin de partager la nostalgie que j’ai des grands espaces menacés sur notre planète. A cet égard, raconter une aventure dans la steppe mongole prend tout son sens, pour l’histoire elle-même bien entendu, mais aussi pour préserver une image allégorique du Jardin d’Eden, servant de barrière à la décadence industrielle. En réalisant ce film, une partie de moi a peut-être souhaité revisiter le mythe du Paradis Terrestre, et comprendre le processus social et économique qui mène les peuples indigènes vers une rupture avec la nature.

Qu’est-ce qui vous a le plus marqué, le plus surpris, sur vos tournages ?

Mathieu Lelay : Mars 2012. Un matin d’automne aux Torres del Paine (Chili) où les premières lueurs matinales ne laissaient rien présager d’extraordinaire. Et pourtant, Alexandre s’est retrouvé subitement face à des lumières apocalyptiques sur les montagnes des Cuernos. Du jaune, de l’orangé, du rouge… jusqu’à la montagne en furie. A cet instant précis du voyage, nous étions en train de vivre un des moments les plus marquants du tournage.

©Quete-Inspiration-Alexand

Hamid Sardar : Ce qui me surprend pour chacun de mes films c’est que malgré tous les préparatifs, le terrain se révèle imprévisible, et me force à adopter une autre manière de regarder et d’écouter. Je me rends compte que l’histoire racontée entre moi en tant que réalisateur et “l’autre”, ne tient pas au rationnel ni à la logique, mais surtout grâce à une expérience directe et émotionnelle. Le succès d’un film ethnographique est dû plutôt à un instinct qui identifie ces moments d’authenticité et réussi à les intégrer dans un scénario en évolution permanente.

©Taiga

Retrouvez toute la programmation sur le site du Festival Objectif Aventure