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La sélection du festival Objectif Aventure : Pourquoi l’homme marche

Par - le 22 février 2013

Cette semaine, gros plan sur la collection « Pourquoi l’homme marche » diffusée ce printemps sur la chaîne Planète +. Le premier volet, intitulé Marcher pour le commerce, sera projeté le vendredi 19 avril au festival Objectif aventure. L’initiateur du projet, Richard Poisson, rédacteur en chef de Eclectic Presse, et le réalisateur Sam Caro ont accepté de répondre à quelques questions.

 

© Caroline LeventRichard Poisson, comment est née la collection « Pourquoi l’homme marche » ?

Cette collection est née de ma rencontre avec Daniel Popp (co-fondateur de Terres d’Aventure, ndlr). Le temps de la télévision en matière de documentaires peut être long et il m’aura fallu 3 ans pour réussir à concrétiser ce projet. La chaîne Planète+ a tout de suite trouvé le projet formidable et bien entendu j’ai pensé à venir voir Terdav qui est le grand spécialiste de la marche afin de nouer un partenariat.

Qu’avez-vous voulu montré à travers cette collection ?

L’idée est tout simplement de partager à travers la marche, une activité pratiquée par des millions d’hommes et de femmes, des tranches de vie les plus authentiques possibles avec des populations très différentes. La marche est leur seul point commun, elles vivent en montagne ou en plaine, en Europe ou au bout du monde. Les trois thèmes de la collection, Marcher pour le commerce, Marcher pour ses dieux et Marcher pour ses troupeaux se sont imposés d’eux-mêmes, tant ils sont dans les pays où nous sommes allés les tourner une nécessité, une évidence. Chaque film est composé de deux histoires que nous suivons en alternance.

© Christine Ivachkevitch

Sam Caro, vous êtes d’abord parti au Népal pour réaliser Marcher pour le commerce,
qui sera projeté au festival Objectif Aventure. Comment s’est passé le tournage ?

© KogoJe suis parti au Népal en avril 2012. Avec Stéphane Vailland, mon assistant, et Ganesh, mon guide-interprète Terres d’Aventure, nous avons rejoint le petit village de Kharikola. Nous souhaitions filmer les porteurs qui remontent  à Namché Bazar (alt. : 3400m), un grand bourg au pied de l’Everest, pour vendre leurs marchandises le samedi, grand jour de marché. Au Népal, la communauté des porteurs est située au plus bas de l’échelle sociale et mène une vie éprouvante. Ce sont pourtant des gens admirables. Nous avons fait la connaissance de trois marcheurs, courbés sous des charges impressionnantes. Deux d’entre eux transportaient chacun près de 70 kg de viande de buffle et le troisième, assez âgé, des packs de bière et des biscuits. Avec leur accord, nous les avons suivis jusqu’à Namché et avons vécu avec eux les moments difficiles (pluie, passages périlleux…) comme les instants de grâce, quand nous traversions des paysages magnifiques ou croisions le sourire des paysans.

Au Pérou, vous avez suivi une communauté de paysans Quechua.
Pourquoi choisir une communauté si éloignée de celles des porteurs népalais ?

L’idée était de croiser des histoires de marche très différentes. Au Népal, on porte des charges hallucinantes à dos d’homme dans des paysages assez habités. Au Pérou en revanche, les Quechua transportent à dos de lama leur production de pommes de terre dans des paysages de montagne désertique. Les deux communautés ont toutefois en commun la marche comme nécessité au commerce…

© Patrick Le Floc'h

Où avez-vous tourné au Pérou ?

© Laure DecombeAccompagnés de Miguel, guide-interprète Terres d’Aventures, nous avons rejoint une communauté à Cuncani, à environ 4 heures de piste de Cuzco. Nous avons filmé la récolte de la papa (la pomme de terre, ndlr), à près de 4000m d’altitude, chez Anita, une veuve de 58 ans, mère de 6 enfants. Nous l’avons ensuite accompagnée avec deux jeunes hommes de la communauté au marché d’Urubamba, à 2 jours de marche. Cela a été particulièrement éprouvant, notamment au moment de passer un col à 4800m d’altitude. Nous avons été impressionnés par l’aisance des Quechua en montagne.

Avez-vous une anecdote à partager ?

Au Pérou, après une longue journée de marche nous sommes arrivés à la nuit tombée dans une vallée où nous avons décidé de bivouaquer. Le lendemain, nous retrouvons Anita très préoccupée : ses lamas avaient disparu… Ses deux amis étaient partis depuis plus d’une heure à leur recherche dans la montagne, sans résultat. Anita était vraiment désemparée. Finalement, le troupeau a été retrouvé. À ce moment, j’ai vu le visage d’Anita s’éclairer, c’était un moment très beau.