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Japon – Interview d’Hiroshi

Par - le 27 juin 2016

Rencontre avec Hiroshi, notre correspondant au Japon

Tanabe - Japon ©Kumano International Tourism Promotion Comittee OT

Le trekking est-il répandu au Japon ?

La pratique du trekking n’est pas encore très fréquente au Japon, bien qu’elle ait connue un pic dans les années 80. Mais ses débuts dateraient du Moyen Age avec les Yamabushi, ces prêtres japonais de la montagne. Leur religion était le Shugendo, une croyance populaire basée sur la vénération de la montagne : depuis les temps anciens, les Japonais croient que les dieux vivent dans les montagnes, devenues des endroits sacrés. Ils pratiquaient l’ascétisme, et marchaient sur les crêtes montagneuses pour leur entraînement. Aujourd’hui la pratique est moins spirituelle, on le voit plus simplement comme une activité sportive en plein air.

Dis-nous Hiroshi, pourquoi tu marches ?
Hoshinoya Kyoto - Japon ©Hoshinoya Kyoto/Small Luxury Hotels of the World

J’ai toujours été un amoureux de la nature, particulièrement fasciné par les oiseaux. Je suis donc devenu un ornithologue passionné. J’aime voyager à pied, à la recherche d’espèces méconnues, c’est ainsi que j’ai commencé à randonner dans les montagnes. Et j’y ai pris goût ! C’est peu commun, un ornithologue trekkeur ? Cela me va bien, et aujourd’hui mon plus grand plaisir en randonnée est toujours d’apercevoir quelques oiseaux 🙂

Hiroshi - Partenaire Terres d'Aventure Japon

Parle-nous des montagnes du Japon

Le Japon est un pays de montagnes, elles sont partout 🙂 Les hauteurs du centre du pays sont moins vertigineuses : c’est donc un environnement adéquat pour l’habitat et les cultures. On y trouve des petits villages, des fermes paisibles et des champs de riz. Les marcheurs peuvent ainsi randonner de village en village, traversant les routes historiques et culturelles du Japon. Les gens connaissent souvent les « Alpes japonaises », notre chaîne de montagnes avec plusieurs pics dépassant les 3000m. Nous y grimpons beaucoup l’été, car la vue est spectaculaire !

Par ailleurs , les sentiers sont souvent bien balisés mais souvent uniquement en langue japonaise. Les randonneurs ne sont pas toujours certains du chemin exact, c’est pourquoi nous les confortons toujours avec des instructions et des cartes précises,  c’est là l’une des valeurs ajoutées de nos road books.

Sagano - Kyoto - Japon - © Akira Okada / JNTO Japan National Tourism Organization OT

Pourquoi le pèlerinage aux 88 Temples est-il aussi connu ?

Ce pèlerinage est très médiatique, notamment aux Etats-Unis, car il représente l’un des défis les plus importants dans le monde de la randonnée. Il est long de 1200km, et les pèlerins qui le font intégralement à pied marchent quand même entre 30 et 60 jours pour le terminer ! C’est l’un des chemins sacrés du Japon. Par ailleurs, les hébergements prévus pour les pèlerins sont uniques, car l’île de Shikoku est gardienne d’une cuisine et d’une culture exceptionnelles. Les habitants aiment créer un lien avec les pèlerins, les aidant sur le chemin ou en leur offrant des présents osettai (cadeaux destinés à encourager les marcheurs à terminer leur pèlerinage). Et les 88 temples sont fascinants en eux-mêmes, ce sont des endroits spirituels où l’on pratique la contemplation silencieuse.

Temple n°45 Iwaya-ji. Temple de la grotte rocheuse. Ile de Shikoku - Japon

Que faire après une longue journée de marche ?

Apprendre à se détendre à la japonaise : déguster de succulents mets locaux, discuter avec vos hôtes ou profiter d’un onsen (bain thermal japonais). Ces bains chauds, généralement communs, intérieurs ou extérieurs, dont l’eau est issue de sources volcaniques, sont même parfois réputés pour leurs propriétés thérapeutiques.

Les onsen sont considérés comme des lieux où on peut se détendre et s’écarter de l’agitation de la vie quotidienne. Nous faisons d’ailleurs toujours en sorte d’en avoir un après un trek, cela relaxe les jambes endurcies par la marche, et permet de recharger son énergie pour le lendemain. Nous choisissons d’ailleurs nos auberges sur ces critères : un accueil chaleureux, une cuisine locale et savoureuse, et un onsen !

Au Japon, même les célèbres « singes des neiges » viennent se détendre dans des bains naturels d’eau chaude, à Yudanaka  🙂

Jigokudani - Japon - © Nagano Prefecture / JNTO Japan National Tourism Organization OT

 

Commentaires (5)
Piotr1 juillet 2016 à 19 h 22 min

« pèlerinage aux 88 Temples » un de mes projets… un jour 🙂
Il me tarde de revenir au Japon, la première expérience fut splendide.
Il y a de belles randonnées à faire et c’est vrai que les japonais ne sont pas très marche…

ph.euler10 juillet 2016 à 20 h 45 min

Je suis heureux de lire votre article car travaillant au Japon il y a plus de vingt cinq ans je partais aussi souvent que possible sur ces chemins pendant mes weekend loin des grands centres urbains et des golfs ou autres sports pratiqués de manière guindée et en grand nombre. Bravo pour notre jeune ornithologue. J’ai énormément aimé le contact avec ce Japon aussi. Bien que ce pays soit capable de tous les grands écarts pas tous réussis entre tradition et modernité il est fondamentalement fascinant et sa population une de celles qui me laisse les souvenirs les plus positifs et profonds quoiqu’en disent les médias occidentaux et un certains nombre de « spécialistes » et « faiseurs d’opinion » auto-proclamés répandant des clichés très pauvres mais dont l’Europe est si friande!

francine10 juillet 2016 à 23 h 02 min

Ça c’est un rêve ! J’ai même la carte … un jour !!!!

BOREL11 juillet 2016 à 10 h 39 min

52 jours de marche’,nuits a la belle etoile,sauf une fois par semaine,vraiment une experience unique.SIKOKU,un beau cadeau pour mes 70 ans,avec de belles rencontres,surement le plus beau trek de ma vie.

Pieru11 juillet 2016 à 15 h 39 min

Durant la traversée des Alpes japonaises du sud puis du nord, seul, en 13 étapes au total fin août-début septembre 2015, j’ai rencontré beaucoup de randonneurs marchant 2 à 3 jours, quelques trekkeurs marchant plus d’une semaine et surtout partout un excellent accueil sur les sentiers et en refuges. Je n’ai rencontré aucun autre occidental sur tout mon parcours ni en refuges, donc immersion garantie (ce pourrait être un jeu de mots car il a plu beaucoup, ce qui n’effraie pas les Japonais qui partent courageusement dès 5h du matin pour faire le sommet quelque soit le temps).