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Ladakh, coup de coeur des randonneurs

Par - le 18 avril 2016

© Jean-Claude Colin - Inde, Zanskar, vallée de la Tsarap, entre Dorjang et Chaa, vue sur le village de Surle

Jean-Claude, conseiller voyages à Lyon, nous plonge dans son voyage au Ladakh au détour d’une interview.

Peux-tu nous parler des moments forts de ton voyage au Ladakh ?

J’ai été surtout étonné par l’évolution du parcours, sa variété, de voir et vivre une aventure différente chaque jour. Le chemin commence dans les vallées de la Tsarap et de la Kurgia Chu, vivantes et humaines. Nous passons de village en village, toujours accompagnés sur le chemin par les paysans qui s’affairent aux champs. Vient ensuite un passage de col à plus de 5500m, toujours un challenge fort en émotion, même pour des coutumiers de l’exercice. Il forge le groupe qui avance ensemble et s’unit dans la difficulté, l’effort et la douleur des effets de l’altitude.
L’arrivée au sommet est riche en émotions en rires et en larmes. L’ivresse des hauteurs aidant, cette épreuve forge une des plus belles cohésions de groupe que je connaisse. L’itinéraire termine enfin par des vallées sauvages, où l’empreinte de l’homme n’a pas encore marqué le décor. Terres de nomades, terres indomptées, où l’on doit se frayer un chemin au risque de se trouver coincé et de devoir faire demi-tour.

L’autre grand souvenir sont les rencontres émouvantes le long du sentier. Les habitants n’hésitent pas à nous apostropher. D’autant plus que nos guides parlent leur langue, ils créent un contact rassurant pour les populations locales qui s’amusent de nous savoir venus de si loin. Et, cerise sur le gâteau, la découverte du monastère de Phuktal.

Le Ladakh s’adresse-t-il à tous ou bien seuls les plus aguerris peuvent s’y rendre ?

Les sentiers sont bien marqués et les populations locales les empruntent quotidiennement. A part quelques passages vertigineux, des ponts fait de brics et de brocs, un peu brinquebalant, certaines rivières (glaciales…) à passer à gué et surtout un col à franchir, le reste du trajet est vraiment facile. Ces étapes fortes en émotions pimentent le voyage mais la plupart du temps, on marche à un rythme tranquille qui laisse la part belle à la contemplation.

Quel est ton conseil pour arriver en haut d’une montagne, passer un col… ?

Il ne s’agit pas d’être surentraîné. Même si une bonne forme physique, évidemment, facilite grandement l’étape, la volonté est la clé de la réussite. C’est pour ça que la cohésion du groupe est très importante. Une telle épreuve est grandement facilitée par l’entraide et l’attention que chacun porte aux autres.

© Jean-Claude Colin - Inde, Zanskar, col Phitse La, vue vers le sud 2

Quels sont les paysages traversés ?

L’Himalaya indien est un monde à la minéralité sévère, les roches et les terres donnent le ton. Mais les passages dans les cultures en terrasse et dans les pâturages adoucissent le tableau. Les paysages sont très variés, le décor est avant tout monumental, des montagnes gigantesques nous surplombent en permanence. Dans le trek « du Zanskar à Manali« , mis à part un passage en altitude, nous marchons toujours en fond de vallée. Des vallées habitée d’abord ou l’Homme a façonné le paysage en y implantant son habitat, en aménageant la montagne en terrasse pour ses cultures et en canalisant l’eau pour les irriguer. Les villages zanskari sont façonnés de la roche et de la terre du pays, prennent place naturellement dans le panorama et on y trouve les aménagements astucieux des populations qui doivent affronter des hivers rigoureux.

© Jean-Claude Colin - Inde, Zanskar, valle de la Tarap, village d'Ichar, entre Reru et Purne
Une fois dépassé le col, en milieu de parcours, nous rejoignons notre but par des vallées sauvages, qui contrastent nettement avec le début du voyage. Là, nous devons affronter la nature, passer les rivières à gué, contourner les moraines, changer de rive pour éviter un cul de sac ou un précipice. Heureusement, les guides connaissent la région comme leur poche et nous évitent les impasses et les détours fatigants. Cette fois, nous sommes sur les terres des éleveurs nomades, tout y est brut, nous avons même croisé des loups.

Racontes-nous l’ambiance dans les monastères

Entrer dans un monastère est toujours très touchant. Même si ceux de la vallée de l’Indus sont devenus des attractions qui voient passer beaucoup de visiteurs, les moines qui laissent entrer les touristes n’en ont pas déménagé pour autant. Mes coups de cœur vont quand même à ceux qui sont restés isolés et qui demeurent les plus vivants. Le monastère de Phuktal vaut le voyage à lui seul. Y déambuler transporte hors du temps et donne tout son sens au voyage. J’ai été ému de participer au cours de math et d’anglais des jeunes moines: 1×9=9, 9×1=9 aussi… of course! Preuve de l’exception du lieu, tous les aides de camps ont joué des coudes pour nous y accompagner. Et de nous tous, ce sont leurs yeux qui brillaient le plus. Un grand salut à eux d’ailleurs, nos compagnons de route, qui ont toujours su rendre moins pénibles les moments difficiles, même si à 5600m ils manquaient de souffle comme nous tous.

© Jean-Claude Colin - Inde, Ladakh, monastère de Thikse Gompa, 7 coupelles à offrande, en cuivre

Commentaire (1)
Camille de Sense Away27 avril 2016 à 12 h 51 min

Je me suis rendue au Ladakh pour un trek et effectivement je suis aussi tombée sous le charme. J’aimerais beaucoup y retourner pour m’enffoncer encore plus dans ses lieux moins touristiques que vous décrivez 🙂