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Sur les traces d’Eve Sivadjian

Par - le 10 juin 2011

A 5 ans, je réalise mon premier herbier dans le jardin familial de Ville d’Avray avec mon grand père, passionné de botanique. Au bord des étangs des bois de ce même Ville d’Avray, Jean Rostand – qui habite une villa riveraine – m’explique la vie des grenouilles.

A 9 ans je pars pour l’Amérique, c’est ma première traversée Paris/New York sur le De Grasse, premier paquebot de ligne à relier l’Europe à l’Amérique après la Deuxième Guerre mondiale. 8 jours de traversée et de fêtes, culminant par un accueil spectaculaire et les jets d’eau des bateaux pompes new yorkais, etc. Un voyage très riche : séjour à New York, longs voyages en train à travers les USA et découverte à partir de Miami de quantité d’îles des Caraïbes, à bord d’un avion de l’armée américaine qui finit par nous mener à Maïquetia, aérodrome de Caracas.

Des mois plus tard, dans les Andes vénézuéliennes (cordillère de la côte), avec machette à la ceinture pour me défendre des serpents, je tartine les rochers d’une mixture de bananes trop mûres et de rhum pour attirer les « Préponas », papillons qui affectionnaient cette mixture et que René Lichy, spécialiste des lépidoptères chargé du dessin des planches de papillons de l’encyclopédie Larousse, collectionnait. Le soir, nous devons installer de grands draps près du campement et placer devant des lampes tempêtes à pétrole puis attendre que se posent sur les draps les énormes sphinx veloutés. Passionnés de découvertes, sans être explorateurs, mes parents accompagnaient avec moi, le plus souvent possible, leurs amis scientifiques dans leurs explorations dans les Andes comme dans les forêts de l’Orénoque et dans les forêts de cacao proches de la côte. Aux abords des quelques « pueblitos » rencontrés, il y a avait toujours des chevaux en liberté et si j’avais la chance d’une halte d’un jour ou deux à proximité, j’arrivais à en approcher un que je montais autant que possible…

A 14 ans, je continuais cette vie de liberté et de découvertes tout en préparant, dans les catégories natation et gymnastique rythmique, les premiers Jeux Olympiques sud-américains (Jeux Bolivariens) qui eurent lieu à Caracas.

A 15 ans, ma mère me ramena en France pour faire des études sérieuses. Je fus installée dans une pension dite « Maison d’Education de jeunes filles » avenue de Paris à Versailles. J’y débarquais avec ma collection de coraux, mes herbiers et mon totem qui décorèrent ma chambre. Je passais donc de la liberté intégrale à l’éducation normative, avec horaires fixes et assignation à résidence dans le cadre du parc « bien tondu et peigné » de la pension et du lycée de jeune filles (eh oui, ce n’était alors pas mixte). Dure transition !

A 18 ans, j’avais traversé 8 fois l’Atlantique, à bord de paquebots de ligne tels les de Grasse, du Colombie, d’Antilles (de la Cie Gle Transatlantique) d’Auriga et d’Urania II (Grimaldi), à chaque fois, 21 jours de traversée et d’escales, donc 21 jours de fêtes non-stop. Et aussi en avion, les Super Constellations (48 heures de vol et escales techniques, soit par la « route du nord en été » et la « route du sud » en hiver) qui, à l’époque, tombaient comme des mouches (un beau suspens !).

Après bac philo (passionnant), Droit (Paris Panthéon), Archéologie (égyptologie à l’Ecole du Louvre) et cours d’ethnologie – encore peu organisé – à la Sorbonne.

Premiers travaux professionnels parallèlement à mes dernières années d’études : création d’abord d’un petit bureau de traductions juridiques (je parlais et écrivais alors espagnol et anglais, ce qui m’a donné l’occasion de traduire un traité économique entre le Canada et la Guinée, puis, beaucoup plus amusant, je me suis lancée dans les scénarios de bandes dessinées (Editions Aventures et Voyages, petits journaux mensuels) spécialiste en corsaires et flibustiers et Far West ! Les héros évoluaient évidemment dans des univers géographiques que je connaissais par cœur. Et ma « culture » américaine des bandes dessinées m’avaient donné la structure du découpage de la mise en scène par image et de la fluidité des dialogues. Ce fut une activité extrêmement rentable ! Une activité qui me donna ma carte de Presse. Je devins donc journaliste et parallèlement éditrice avec divers postes à responsabilité.

Quelques références de reportages :

Egypte « Sur les traces d’Akhenaton, le pharaon poète« , paru dans Grands Reportages (Premier prix Egypte du Grand reportage) ;

Long reportage au Kenya pour Grands Reportages et, entre autres au camp de George Adamson (dont j’avais traduit les mémoires « Joy et nos lions » pour Stock, séjour très fort en adrénaline avec les lions) ;

Longs reportages dans le Triangle d’Or entre Thaïlande, Birmanie, Laos (Figaro Magazine et « Chambre avec vue sur le Triangle d’Or aux Editions First« ) ;

Expédition dans le désert lybique en plein mois de juillet pour GEO (expérimenter le désert de feu et les oasis en été avec juste un chauffeur et un guide, sans point GPS et hors piste apporte un « vécu »… Particulièrement fort !) ;

Reportage dans les Aléoutiennes et pêche au saumon dans les grands rapides saisonniers d’Alaska (Figaro Magazine) ;

Et puis, en Australie, Nouvelle Zélande… Et Polynésie Française dans tous les archipels îles-du-Vent, Sous-le-Vent, Tuamotu, Australes, Marquises (en tout 2 ans et demi de séjours en 13 longs reportages – Figaro Magazine et GEO-).

Dans ces archipels, l’expédition la plus forte en adrénaline fut aux Marquises, où les îles ne sont pas reliées entre elles (sauf par le cargo Aranui, mais c’est un voyage circulaire seulement) et où, entre autres, il y eut 10 heures de navigation périlleuse à bord d’un petit « potimarara » – sorte de chalutier- entre Hiva Oa et Fatu Hiva, avec une équipe de la Régie des Eaux qui m’avait accueillie pour accéder à cette île la plus éloignée de toute terre.

Et mille autres choses…