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Rencontre avec la communauté Bishnoï au Rajasthan

Par - le 13 mai 2013

Lors du festival Objectif aventure, le film Rajasthan, l’âme d’un prophète a séduit les jurés qui lui ont décerné le prix Terre sauvage. Il a aussi interpellé l’équipe Terdav des voyages en Asie, qui, en collaboration avec l’auteur du film, Franck Vogel, a conçu depuis un voyage d’immersion dans la communauté Bishnoï. Beau, le circuit «L’Inde en fête, festival Bishnoï au Rajasthan» l’est d’abord pour sa raison d’être : se rassembler autour d’un même respect de la nature et mettre en œuvre des actions dédiées à sa protection. Fanny, conceptrice de voyages en Inde, nous parle de ce projet, aussi rare que captivant.

© Franck Vogel

Mukam

Qui sont les Bishnoïs ?

© Franck Vogel

Les Bishnoïs, qui vivent essentiellement dans le désert du Thar au Rajasthan, sont parfois appelés les premiers écologistes. En effet, ces hommes et ces femmes vivent en complète symbiose avec la nature. Ils suivent les principes édictés par leur gourou Jambhoji au XVe siècle. Au nombre de 29 (bishnoï signifie d’ailleurs «vingt-neuf»), ces règles préconisent un respect scrupuleux de la faune et de la flore. Ainsi, les Bishnoïs offrent chaque année un dixième de leur récolte pour l’alimentation des animaux sauvages et les femmes allaitent les faons orphelins.

Comment est née l’idée de ce voyage ?

 

Toute l’équipe Asie a eu un gros coup de cœur pour le film Rajasthan, l’âme d’un prophète (cf. bande-annonce ci-dessus) : l’idée de proposer des voyages en pays Bishnoï s’est alors imposée. Cette communauté place le respect scrupuleux de la nature au centre de ses commandements. Cela ne laisse pas indifférent. Mais la communauté, du fait essentiellement de règles de vie plutôt strictes, est assez impénétrable. La rencontre avec Franck Vogel, qui a fait siennes les luttes bishnoïs contre la pollution, a permis la conception d’un voyage conciliant immersion dans la communauté et respect de ses membres.

Peux-tu nous parler de Rana Ram et Khamu Ram ?

© Franck Vogel

Rana Ram et Khamu Ram sont tous deux membres de la communauté Bishnoï. Ils sont particulièrement engagés pour la protection de la nature, et Franck les connaît bien. Il a beaucoup contribué à faire connaître leurs actions en France par le biais de son film, mais aussi à travers ses articles et ses photos.

Rana Ram s’engage pour la reforestation du désert. Ce septuagénaire parcourt inlassablement le Thar pour planter et arroser des arbrisseaux. Depuis quarante ans, il consacre ses maigres revenus à l’achat de plants et on évalue à 25 000, le nombre d’arbres déjà plantésKhamu Ram Bishnoi de son côté se bat contre la pollution plastique. Avec pour seules armes ses bannières, son mégaphone et sa volonté inébranlable, il va à la rencontre de ses condisciples pour les convaincre de renoncer au plastique. En février 2013, il a remporté le prix d’«Homme extraordinaire d’Inde».

Tous deux ont accepté de recevoir les participants du voyage pour leur parler de leur engagement et travailler à leur côté.

Quels seront les temps forts du voyage ?

Nous avons conçu le circuit de telle manière qu’il permette une immersion progressive dans la vie des Bishnoïs. Celle-ci commence dès l’arrivée à Delhi où Franck Vogel présentera le voyage et projettera son film. Ensuite nous ferons la connaissance de Rana Ram et Khamu Ram qui nous parleront de leurs actions. Outre la découverte de Jodhpur et Bikaner, nous visiterons des villages et des temples bishnoïs. Le but est de se familiariser en douceur avec la vie quotidienne des Bishnoïs et leur manière d’appréhender le monde. Le festival de Mukam est le temps fort du voyage. Durant ces journées imprégnées de ferveur religieuse, nous assisterons Rana Ram et Khamu Ram pour sensibiliser la population aux problématiques de pollution plastique et de reforestation du désert.

© Wilfiried Louvet

Jodhpur

Quel voyageur peut être intéressé par ce voyage ?

D’abord, un voyageur engagé. Chaque participant est vraiment acteur du voyage. Durant le festival de Mukam, nous prendrons part concrètement aux actions de sensibilisation entreprises  par les Bishnoïs. Il faudra aussi faire preuve d’une certaine souplesse, car le programme est susceptible d’évoluer en fonction des circonstances. L’expérience qu’on retire d’un tel voyage vaut bien quelques compromis.