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Colorado Trail #2 : les cimes de Leadville

Par - le 25 juillet 2017

Sylvain Bazin, qui s’est lancé dans le défi du Colorado Trail, nous donne de ses nouvelles.

« Après une journée de repos à Breckenridge, où je me contente de parcourir quelques miles sur la piste cyclable qui relie les différentes stations, puisque la section du sentier qui suit est fermée pour cause d’incendie, je retrouve mon ami texan Brandt pour poursuivre l’aventure du Colorado Trail. Breckenridge, Frisco et Copper Mountains sont avant tout des stations de ski et des ressorts qui restent bien animés l’été. Y stopper était donc intéressant. J’ai surtout flâné entre les magasins, très nombreux, et retrouvé le sentier et les cimes est une belle perspective.

Retour au sentier.

Nous prenons un peu notre temps : le bus que nous empruntons pour retrouver l’entrée du sentier nous dépose à 6h45, mais le café qui ouvre à 7h est trop tentant. Encore un peu de confort et quelques calories supplémentaires avant de nous replonger dans la nature sauvage.
Nous la retrouvons d’ailleurs progressivement : nos premiers pas surplombant encore les installations des stations et les resorts. Il faut dire que le coin est particulièrement beau, ce qui explique cette exploitation touristique.
Mais ici, dès lors que nous reprenons de l’altitude, la nature intacte semble encore dominer. Un bon sentier, qui grimpe tranquillement, en décrivant de larges lacets comme c’est la règle ici, nous transporte vers les alpages. La limites des arbres est bien plus élevée que dans nos contrées alpines : au moins 3000m. La végétation n’est d’ailleurs pas tout à fait inexistante bien au dessus : les fleurs forment un tapis coloré sur une herbe bien verte, tonifiée par l’eau qui coule de la fonte des neiges.

Une montagne accueillante

Nous passons d’ailleurs nos premiers névés, mais ils ne sont pas bien méchants. Ces montagnes me font l’effet d’une nature accueillante : elles ne sont jamais hostiles. Un peu entre les Alpes et le Jura en terme de formes, mais tout aussi hautes que les Alpes en altitude (nous passons plusieurs fois au-dessus de 3700 m), elles nous offrent, même en haute altitude, des plates-formes confortables où il fait bon marcher. Et admirer les paysages. J’aime les arrondis de ces sommets, leurs couleurs entre verts et ocres, tachetés encore ça et là de blanc de neige.
Nous passons le col de Komodo puis le fameux Tennessee Pass avant de redescendre progressivement vers une vaste vallée. Une marmotte, un peu différente des nôtres aussi, salue notre passage.
Il nous reste quelques bons miles, en montagnes russes et finalement pas si faciles, à parcourir entre prairies et forêts pour atteindre Leadville. Nous traversons ainsi une zone de marais, autrefois occupée par des militaires à l’entraînement (dont il reste des bunkers) et maintenant bien colonisée par les moustiques qui pour la première fois nous causent quelques ennuis. Mais nous arrivons à bon port sans trop souffrir de démangeaisons quand même !

 

Leadville, le cœur du Colorado

Cette petite cité qui autrefois attirait pionniers, mineurs et aventuriers a vraiment conservé son charme. De nombreuses maisons anciennes (enfin, du XIX e au début du XXe siècle) sont encore devoirs. Le théâtre, le saloon et d’autres bâtiments typiques vous plonge dans l’ambiance du grand ouest. Je m’attends à voir surgir cowboys, indiens et pionniers à chaque coin de rue.
Avec ces ruelles qui semblent se terminer au pied des montagnes, son église au clocher bien pointu et ses nombreuses boutiques d’antiquités, Leadville vaut assurément le détour sur ce Colorado Trail. Je m’y arrête une journée entière pour profiter des charmes du lieu, et aussi recharger les batteries avant de reprendre le chemin.

Le plus gros est fait : il me reste trois étapes pour rejoindre Buena Vista, mon prochain « stop » citadin, puis encore deux autres sans doute pour arriver à Salida. Encore quelques miles tout de même, que je vais sans doute partager avec Brandt, Chance et quelques autre amis rencontrés sur le sentier. L’ambiance y est vraiment très amicale : chacun se salue, se demande où il va et d’où il vient. Autant que les paysages, c’est aussi cet esprit de la grande randonnée à l’Américaine que je retiendrai après cette expérience sur le Colorado Trail. »

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