Accueil  > Points de vue > Récits de voyages > De Bourg-Saint-Maurice à Thonon-les-Bains

De Bourg-Saint-Maurice à Thonon-les-Bains

Par - le 13 juillet 2012

Du 28 Juin au 12 Juillet 2012 – 4894 km

Notre avancée dans les Alpes continue progressivement. Chaque jour, nous franchissons de nouveaux cols à plus de 2500 mètres d’altitude, chaque jour nous découvrons de nouvelles vallées, des sentiers peuplés de chamois, bouquetins et marmottes qui sifflent avant de détaler sur notre passage. Peu à peu l’été s’installe, les névés disparaissent pour laisser place aux versants fleuris de pensées, perces-neige et autres fleurs sauvages. Un véritable petit éden nous ouvre les bras…

voici à présent à Chamonix. Nous avons quitté provisoirement le GR5 pour un rendez-vous extraordinaire : le Mont Blanc ! Situé à 4807 mètres d’altitude, le toit de l’Europe fascine des milliers d’hommes et de femmes depuis des décennies et représente pour beaucoup le sommet d’une vie. Pour nous, le Mont Blanc est surtout une étape mythique de notre Tour de France à pied – Terres d’Aventure. Accompagnés de notre guide, nous entamons l’ascension qui durera trois jours.
Première étape : le refuge de Tête Rousse à 3100 mètres d’altitude. Nous commençons la marche sous une pluie fine et rafraichissante. Au fur et à mesure que nous nous élevons, la végétation se raréfie, le sentier de terre devient chemin de pierres. Arrivés au refuge, nous assistons à un coucher de soleil extraordinaire sur toute la vallée. Les nuages se teintent d’une couleur dorée, les derniers rayons du soleil viennent se jeter sur les roches autour de nous. Chacun se tait pour mieux admirer la nature qui se révèle.
Nous nous levons à 1h30 du matin, enfilons nos crampons, ajustons nos casques et lampes frontales pour entamer la seconde étape de l’ascension. Devant nous, un mur de 700 mètres de dénivelés qui mène au refuge du Goûter situé à 3800 mètres d’altitude. Nous nous encordons, vérifions nos baudriers. Il est 2h30, il fait nuit noire, l’excitation est palpable. Nous avons le sentiment de vivre un moment unique.
Après deux heures de montée, les premiers rayons du soleil apparaissent et c’est à cet instant que nous découvrons la mer de nuages qui nous entoure et que nous venons de franchir. La vallée se dévoile avec les premières couleurs du jour, le ciel s’étend à perte de vue, l’infini nous accompagne… C’est tout simplement magnifique…

Peu à peu, la pente devient plus abrupte. Nous nous concentrons sur chacun de nos pas, estimons la solidité des prises, calculons chaque mouvement pour économiser le plus d’énergie possible. Plus rien d’autre n’existe que la pente devant soi et le rocher où la main puis le pied viennent se caler. Cette partie est particulièrement exigeante physiquement et je dépense beaucoup de forces pour me hisser mètre après mètre.

Arrivés au refuge du Goûter à 7h30, j’ai déjà utilisé une grande partie de mes réserves mais l’envie de continuer et d’aller jusqu’au bout est plus forte. Nous rechaussons nos crampons, reprenons l’ascension et arrivons alors dans un univers exceptionnel : à près de 4000 mètres d’altitude, nous sommes entourés de neige pure et immaculée, les sommets environnants déchirent les voiles de nuages, nous marchons à présent sur une crête glacée, c’est tout simplement extraordinaire, presque irréel…

A cette altitude, nous commençons à ressentir fortement les effets du manqe d’oxygène : le souffle est plus court, les pas sont plus lourds, le mal de tête apparaît et la fatigue s’intensifie. Mais l’envie et la détermination nous poussent toujours un peu plus loin. Pas après pas.
Nous continuons de grimper pendant deux heures et ce n’est que lorsque nous arrivons au Dôme du Goûter que le sommet du Mont Blanc nous apparaît enfin, immense, imposant, majestueux. Nous nous sentons comme hypnotisés par ce sommet vers lequel nous marchons depuis deux jours. Il semble nous appeler à lui… Mais soudain, je me sens comme figée, les jambes coupées par l’effort, le souffle suspendu. Laurent s’assied près de moi, m’aide à reprendre mes esprits, me redonne confiance… J’ai repoussé mes limites tant que j’ai pu mais le mont est encore au-delà. Alors je le salue de la main et lui confie que je lui ai donné toute l’énergie que j’avais.
Nous n’atteindrons pas le sommet du Mont Blanc mais c’est tout de même avec un sentiment de joie et de fierté que nous brandissons les couleurs de Terres d’Aventure à 4300 mètres d’altitude, au cœur de l’immensité neigeuse et des nuages voluptueux.

Aurélie et Laurent

Commentaires (3)
desset15 juillet 2012 à 14 h 44 min

heureux de vous avoir rencontré sur le refuge de tête Rousse
bonne continuation
ou pouvons nous voir vos vidéos ?

Jérôme (Cognac)

Equipe Terdav19 juillet 2012 à 15 h 57 min

Bonjour Jérome,
Nous transmettons votre demande directement à Aurélie et Laurent, et vous tiendrons informer de leur retour.
L’équipe Terdav.

MICHAUT16 juillet 2012 à 20 h 01 min

Mille bravos pour votre exploit, vous avez eu l’intelligence de ne pas y laisser vos vies si précieuses !