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De Jausiers à Bourg-Saint-Maurice

Par - le 4 juillet 2012

Du 9 au 27 Juin 2012 – 4633 km

Notre Grande Traversée des Alpes continue et avec elle, sont lot d’aventures ! Nous nous retrouvons à franchir des cols à 2800 mètres d’altitude encore enneigés, enfilons nos raquettes pour descendre les faces nord, dormons dans les refuges encore fermés…


Le mois de juin marque le début de la transhumance et nous voyons arriver par endroits des troupeaux immenses de moutons gardés par chiens et bergés. Certains parcourent des centaines de kilomètres pour profiter des alpages avant de revenir dans leur région d’origine.
Le GR 5 nous mène dans des lieux particulièrement reculés et nous passons des journées entières sans rencontrer personne, traversons des villages sans aucune âme qui vive… en tout cas, en apparence… jusqu’à ce que l’un d’eux nous réserve une incroyable surprise !
Nous arrivons à Bonneval sur Arc, charmant village de la Tarentaise où le monde moderne a oublié de faire étape. Ici, l’eau coule toujours dans le lavoir, la maison du cordonnier est restée ouverte et une petite inscription indique qu’en ces murs réside un expert de la confection du génépi. Les maisons sont ornées de vieilles soupières remplies de fleurs, des skis anciens trônent dans chaque coin. Ce village est le dernier avant la frontière italienne et c’est également l’un des plus beaux de la région. S’il a su conserver son air d’antan, c’est parce qu’il a été oublié par les forces allemandes et italiennes lors de la seconde guerre mondiale. Une négligence que l’on ne saurait que trop féliciter aujourd’hui !
Nous sommes en train de rechercher par où passe le GR, nez plongés dans le topoguide, lorsque tout à coup, Laurent s’exclame :
– Enfin quelqu’un de célèbre !
Mais qu’est-ce qui lui prend ? Il regarde devant lui, yeux pétillants et sourire immense collé aux lèvres. Alors à mon tour, je lève le regard vers la petite ruelle en face de nous et vois deux hommes et une femme marcher dans notre direction en admirant les maisons rustiques. J’ai du mal à comprendre pourquoi Laurent est aussi enthousiaste à l’approche de ces touristes, mais il continue, bras levés vers le ciel.
– L’incroyable Tchékie Karyo, inoubliable dans Nikita !
Et tout à coup, tout me semble limpide… C’est l’un des acteurs principaux du film culte de Luc Besson, celui qui joue le rôle du mentor secrètement amoureux d’Anne Parillaud ! Certes, il a bien 20 ans de plus, mais il a le même regard, les mêmes traits. Impossible de se tromper.
Mais que fait-il ici, dans ce minuscule village, avec une baguette de pain sous le bras ? Hors de question de manquer l’occasion, on enclenche la conversation. Il est actuellement en tournage dans la région avec l’équipe de Nicolas Vanier pour son nouveau film « Belle et Sébastien » ! Incroyable… Les coïncidences continuent ! Laurent connaît Nicolas Vanier car ce dernier a préfacé l’un de ses premiers livres « Alaska, sur les traces des pionniers » !
Nous sommes sur le point d’enfiler nos sacs à dos, direction le col de l’Iseran à 2770 mètres d’altitude quand nos regards se croisent. Visiblement nous avons pensé à la même idée : et si nous allions rendre une visite à Nicolas Vanier et assister à l’un de ses tournages ?
En un quart de seconde la décision est prise… le col de l’Iseran attendra un peu !

Laurent et Aurélie.