Accueil  > Points de vue > Récits de voyages > De Laye à Saint-Jacut-de-la-mer

De Laye à Saint-Jacut-de-la-mer

Par - le 17 octobre 2011

30 septembre au 13 octobre 2011 – J49 à J62 -1045 Km – Cotentin/Bretagne

Nous continuons notre marche dans le Cotentin, pays où Jacques Prévert réside éternellement, et sillonnons ses sentiers étroits, ses pentes escarpées…
Cette région préservée, encore sauvage, nous émerveille à chaque détour. Les couleurs chaudes des fougères recouvrent les collines qui nous entourent, le ciel bleu azur se détache des rochers noirs… un vrai régal…

Mais le Cotentin nous réserve aussi des endroits plus complexes à franchir. Nous passons le havre de Lessay en traversant une rivière où l’eau nous arrive jusqu’aux hanches, franchissons la baie de Regnéville presque à la nuit tombée en terminant les pieds pleins de boue et lampes frontales allumées.

Notre Tour de France à pied est l’occasion de rencontres un peu « hors du temps », le type de rencontres que l’on n’attend pas. C’est le cas de Michel, pêcheur au visage buriné, tanné par le soleil et le vent. Assis dans sa barque échouée sur le sable à marée basse, il s’affaire à démêler les fils de son filet de pêche. A ses côtés, sacs et paniers sont prêts à recevoir les prises de la journée. Il est plus de 16h, la marée commence à monter sérieusement. Curieux, nous nous approchons. Tout en piochant les vers qu’il est allé dénicher la veille, il nous raconte son histoire. Michel est un vrai gars du coin, dont la famille, de père en fils, s’est spécialisée dans l’élevage d’huîtres. Quelques années après avoir repris la petite affaire familiale, il a le sentiment de porter sur les épaules les espoirs et les craintes de ses parents. Il décide alors de s’éloigner de ce qu’il a toujours connu et part en mer plusieurs mois. Il vit de petits boulots de port en port, s’implique sur les marchés locaux. Mais rapidement, les côtes du Cotentin lui manquent. Il revient alors dans sa région natale et s’amourache d’une bicoque en pierre d’où il ne bougera plus.

Michel
Soudain, nos pieds nous semblent particulièrement humides. On baisse les yeux, on est en fait complètement dans l’eau !
«  La marée est bien montée, dites-donc, commente Michel avec un large sourire. Dans quelques minutes il y aura assez d’eau pour partir en mer ! »
De notre côté, nous reprenons la route et entrons à présent en terre bretonne. Cancale, Saint-Malo, Saint-Cast-le-Guildo…

Le 13 octobre, nous fêtons les deux mois de notre Tour de France à pied – Terres d’Aventure et dépassons les 1000km… déjà ! Deux mois, 1000km, ça fait déjà un bout… mais c’est tellement peu par rapport à tout ce qui nous attend encore !

Plus_de_photos