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De St André à Vias

Par - le 26 avril 2012

Du 2 au 19 avril 2012 – 3567 km
Méditerranée en vue, Méditerranée en vue !

Les Pyrénées sont presque derrière nous maintenant, et la mer s’étend devant, sur 180°C. « Retour du plat, du sable chaud et des tapas espagnoles », pensez-vous ? A vrai dire, pas tant que ça…


Le principe de notre Tour de France à pied – Terres d’Aventure, c’est d’être au plus proche des frontières françaises. Après Hendaye du côté de l’Atlantique, notre objectif est à présent de rejoindre Cerbère, le village le plus méridional de la France, mais de l’autre côté des Pyrénées. Et pour cela, nous devons franchir à nouveau des cols à 700 mètres d’altitude. Plus nous nous élevons et plus le panorama est extraordinaire : des vignobles en terrasses sur des fonds rocailleux, des plages à perte de vue et une mer azur… Splendide, certes, mais ce sentiment de sérénité ne dure pas.
Tout à coup, l’horizon s’assombrit, le vent se lève, les températures baissent… une goutte, puis deux, et soudain, le déluge ! Des éclairs transpercent le ciel, des ruisseaux se forment autour de nous et emportent les pierres sur leur passage, la terre s’effrite… bientôt, la pluie devient grêle ! Des morceaux de la taille de cailloux tombent sur nos têtes et rebondissent par terre. Personne autour de nous, aucun réseau téléphonique, la luminosité diminue, nous n’avons pas le choix : nous devons avancer.
Nous sommes à présent au point culminant du sentier et la vue enchanteresse s’est transformée en véritable chaos. La mer est sombre, les nuages semblent engloutir les villages de la côte, la falaise se confond avec le gris du ciel. Une nouvelle fois, la nature nous montre sa force et nous met face à notre vulnérabilité. L’homme qui pense maîtriser les éléments, celui qui sait, qui anticipe, prévoit et calcule, se sent petit et négligeable lorsque ces éléments se déchaînent.

Au détour d’un flanc de montagne, nous distinguons une bâtisse. Est-ce une maison ? un fort ? La demeure est immense et complètement vide, abandonnée et à moitié détruite, mais elle nous offre un abri contre les rafales de vent qui dépassent les 100 km/h. Peu à peu, nous nous réchauffons et la tempête s’éloigne.
Au loin nous remarquons deux personnes venues, elles aussi, profiter de la montagne et surprises par l’orage. Naturellement, nous lions conversation : Dominique et Claude habitent Cerbère, notre destination du jour, et nous invitent à dormir chez eux. Anciens Parisiens ayant baroudé partout en France, ils sont tombés amoureux de ce coin de terre abrupt et authentique. Ils y ont construit leur maison à même la roche, embrassent la mer tous les matins et font vivre les traditions de la région. Un pied en France, l’autre en Espagne, « C’est ici que je me sens vivre, nous lance Claude. Ici que je ressens l’intensité du monde et la profondeur des hommes. Il n’y a pas de faux semblants. Ici, on parle avec son cœur. »

Un choix et des mots qui nous touchent. Un parti pris assumé et une vie inventée autour d’une envie. Le courage de créer et de recommencer à bâtir, avec la force et l’expérience de ses 50 ans. Et surtout, le courage de toujours vouloir donner vie à ses idées, à tout âge de sa vie. C’est le message que Claude nous a transmis et que nous emportons, bien volontiers, dans nos sacs à dos.

Le lendemain, les nuages ont disparu, le ciel a repris ses teintes azur et nous, nous quittons la frontière espagnole, direction à présent, Menton et l’Italie !

Aurélie et Laurent

La vidéo de l’étape précédente :


Episode 16: Lourdes – Saint Paul de Fenouillet par Tour-De-France-a-Pied

Commentaire (1)
Fred30 avril 2012 à 8 h 10 min

Bonjour

Un peu facile la traversée des Pyrénées aussi loin de la ligne frontière… il suffisait de prendre les skis et donner de l’envergure à cette longue promenade qui s’essouffle pas mal.
Je sais de quoi je parle, je l’ai déjà fait…

A+ Fred