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Des enfants de quartiers défavorisés découvrent Santo Antão

Par - le 15 février 2013

©20ansCapVertAu Cap-Vert, nous travaillons depuis de nombreuses années avec Théo. Cet amoureux de l’archipel s’occupe notamment de la formation des guides qui accompagnent nos randonnées au Cap-Vert. Depuis longtemps, il souhaitait emmener des enfants habitant les quartiers défavorisés de Mindelo découvrir les montagnes. Séduit par l’initiative, Terres d’Aventure a décidé de financer ce beau projet. De retour, Théo, Dania, qui a participé au voyage et Paula, son éducatrice  reviennent sur cette expérience.

Théo, comment est né ce projet ?

J’ai toujours été marqué par l’énorme contraste entre Mindelo, ville aux quartiers périphériques déshérités et pauvres construits sur des collines complètement arides, et la luxuriance des montagnes de Santo Antão, située à une heure de bateau de là.
Je suis un témoin quotidien des difficultés que rencontrent certaines familles pauvres. J’ai pensé qu’il serait intéressant d’emmener les plus déshérités des enfants de la ville découvrir les montagnes, et donc l’incroyable richesse naturelle de leur pays qu’ils ignorent complètement. Nous avons rassemblé 4 éducateurs des centres sociaux, 5 guides et 50 enfants de 8 à 12 ans.

© Théo Lautrey

Quelles étaient les ambitions de ce voyage ?

Nous sommes montés à la cascade de Neves, la plus haute de l’île, en traversant une zone de cultures tropicales. Le jour suivant, nous sommes montés sur les crêtes de l’île où est plantée une grande forêt de pins et de mimosas, et où s’ouvre le cratère d’un volcan. Le projet pédagogique mettait l’accent sur la connaissance du milieu, le respect de son entourage aussi bien naturel qu’humain, et l’effort pour atteindre des objectifs précis en montagne. Au-delà de ces points atteints le principal bénéfice a été celui d’une bouffée d’air frais avec l’ouverture d’un nouvel horizon pour des enfants qui n’avaient connu jusque là qu’un contexte social très dur. Sur le bateau du retour et alors qu’on s’approchait de la ville, tous ont demandé d’une seule voix quand est-ce qu’on repartait ensemble dans les montagnes, comme pour nous rappeler que le contact avec la nature est primordial pour les enfants, et que l’aventure ne devait pas s’arrêter là…

© Théo Lautrey

Dania, peux-tu nous raconter ton voyage ?

© Théo LautreyJe suis allée à Santo Antão pour la première fois samedi. Je suis allée jusqu’à une cascade et une source. J’ai bu l’eau de la source, elle était très fraîche. J’ai respiré un air différent et j’ai vu des montagnes vertes et très hautes. J’ai vu un volcan de loin et j’ai traversé des tunnels. Dimanche nous sommes allés à Agua das Caldeiras, j’ai mangé de la canne, je suis passée dans une forêt, j’ai vu beaucoup d’animaux, j’ai vu beaucoup de plages, Je suis passée dans une école, j’ai rencontré de nouvelles personnes, de nouvelles plantes, et de nouveaux fruits. J’ai vu un haricot qui vient de Guinée, qui est dur, qui ne se mange pas mais dont on fait des colliers et des bracelets. Et c’est ainsi que fut mon voyage à Santo Antão.

Paula, en quoi le voyage de Théo s’inscrit-il dans les missions du centre où vous êtes éducatrice ?

© Théo LautreyLe centre Orlandina Fortes s’occupe des enfants en situation de risque et des enfants des rues de la zone de Ribeirinha. Ce projet a permis à nos enfants de découvrir la biodiversité de notre pays, de la même façon qu’il a permis de travailler le processus de socialisation, de coopération, de développement de la conscience des enfants et de leur esprit de solidarité en mettant l’accent sur ces valeurs essentielles d’un point de vue éducatif, social, et psychosocial.
En relation aux activités développées au sein du centre, au-delà de la partie éducative, ce projet a été aussi une réponse sociale visant à récompenser le bon comportement scolaire des participants en même temps qu’il a satisfait aux besoins élémentaires de ces enfants à s’éloigner de chez eux en vacances et à casser la monotonie de leur quotidien, choses essentielles à leur équilibre physique, psychologique et social.

Santo Antao vu par les enfants

Commentaire (1)
Sylvie Enck23 février 2013 à 9 h 19 min

Ce matin il fait gris à Grenoble, la neige va bientôt tomber . je viens d’ouvrir ma boite mail …au lieu de jeter Terre Dav.. j’ouvre car Cap Vert s’affiche. C’était il y a 2 en février avec Jules notre ainé, un merveilleux voyage avec des rencontres comme toujours . Merci Théo de nous voir guidés sur ton ile d’adoption , quelques jours inoubliables de partage de sourire, de voix, celle de Césaria s’est éteinte depuis… tu nous avais montré sa maison, il y en a tellement d’autre voix. Bravo pour cette énergie que tu dévellopes à faire avancer les choses pour ton engagement. merci pour l’humanité dont tu rayonnes. Toutes mes pensées vers toi et les merveilleurs Cap Verdiens 🙂