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Interview de Stéphane, de retour du Cho Oyu

Par - le 17 octobre 2013

Il est comme ça Stéphane : à l’heure où vous et moi hésitons encore entre mer et montagne, lui se lance à l’assaut du sixième sommet le plus haut du monde, le Cho Oyu (8201m). Et vous savez quoi ? En plus, il réussit ! Aujourd’hui, il est rentré en France et avant de retrouver le quotidien, il revient pour nous sur cette aventure.

Lhakpa et Stéphane au sommet du Cho Oyu / © Stéphane Briol

Lhakpa et Stéphane au sommet

Pourquoi le Cho Oyu ?

Pourquoi pas ? Au départ, j’étais parti pour faire l’ascension du huitième sommet le plus haut du monde, le Manaslu (8163m). Il y a quelques années, j’étais parti sur le tour du Manaslu. J’avais vraiment aimé la région et j’avais eu un gros coup de cœur pour le Manaslu en particulier, son sommet à deux pointes, et la façon dont le soleil joue sur ses flancs. Je m’étais promis d’y retourner pour en faire l’ascension. Mais cette année, l’expédition au Manaslu n’est pas partie, et j’ai décidé de me joindre à celle qui partait pour le Cho Oyu

Comment s’est passée l’acclimatation ?

Pour moi tout est allé très bien. Le timing choisi par Laurent – une acclimatation lente et de longues plages de récupération – était parfait pour moi.

Camp de base avancé (5600m)

Camp de base avancé (5600m)

Comment ça se passe la vie au camp de base ?

Il s’agit surtout de se reposer. La plupart du temps nous restions dans nos tentes pour dormir ou lire. Comme la météo était bonne et la vue dégagée, nous passions aussi pas mal de temps dehors, simplement pour le plaisir de regarder le Cho Oyu. Nous nous retrouvions sous la tente mess pour prendre nos repas et c’était l’occasion de grandes discussions et de fous rires mémorables. Ça a été dur de voir mes compagnons d’expé quitter le camp de base. D’un seul coup, de six, nous sommes passés à deux. Ça fait un vide !

Raconte-nous l’ascension du Cho Oyu ?

On a eu une chance énorme puisque le jour où nous avons fait notre ascension a été le dernier jour de beau temps. Plus aucune expédition n’a pu ensuite tenter le sommet.

Après trois jours de repos au camp de base (5400m), nous sommes montés au camp 1 (6400m) puis au camp 2 (7125m) que nous avons démonté pour le remonter au camp 3 (7540m). Nous avons récupéré quelques heures, puis ce fut l’assaut final, suivi de la descente au camp 1, de 23h15 à 17h30.

Je suis arrivé au sommet une demi-heure environ après Laurent. En fait, il s’agit d’un plateau sommital : on a de la place pour souffler quelques instants et admirer la vue. Au loin, l’Everest jaillissait d’une mer de nuages cotonneuse. C’était magnifique.

Cho Oyu (8201m) à la frontière entre le Népal et le Tibet

Le Cho Oyu (8201m)

Tu n’as pas souhaité recourir aux bouteilles d’oxygène ?

Non pour moi, c’était clair dès le début. Sois je réussissais sans bouteille d’oxygène, sois je renonçais. Avant de commencer l’ascension, Laurent nous avait posé la question et tout le groupe était d’accord pour monter sans bouteille et mettre l’accent sur une bonne acclimatation.

Ce choix était loin d’être unanime au sein des autres expés présentes au camp de base. La plupart des alpinistes ont atteint le sommet du Cho Oyu équipés de bouteille d’oxygène.

D’autres 8000 en perspective ?

Je ne crois pas. C’est un souvenir mémorable bien entendu, mais c’est aussi un investissement personnel énorme. La montagne est mon élément depuis toujours mais ce que j’aime chez elle, ses villages, les rencontres qu’elle permet est absent d’une expédition. Je préfère revenir à une forme de voyage couplant trekking et petite ascension.

Commentaire (1)
Marc Michaud24 octobre 2013 à 22 h 08 min

Bonjour, ça donne le goût d’aller au Cho Oyu, un rêve pour moi surtout de le faire sans oxygène bien sûr, sinon les gens n’ont pas d’affaire en montagne. Maintenant quel est le nombre de jours pour ce trek? Combien de jours d’acclimatation? Quel est le prix du trek tout inclus?Quelle est la meilleure agence?Merci