Accueil  > Points de vue > Récits de voyages > Le sens de la marche

Le sens de la marche

Par - le 30 septembre 2011

La marche n’est pas une activité physique comme les autres.

Médecins et spécialistes s’accordent à reconnaître ses bénéfices sur la santé et l’équilibre, ainsi que sa qualité à offrir une découverte des zones traversées, à une vitesse adaptée à une bonne appréciation.
Pourtant, au-delà de ces atouts physiques sur l’homme et son évolution (rappelons-nous que c’est en grande partie la bipédie qui nous distingue des animaux) la suroxygénation naturelle du cerveau apportée par la marche, assurerait une revitalisation supérieure à celle apportée par d’autres pratiques et favoriserait ainsi l’harmonie et la paix intérieure.
Un effet renforcé par le cadre. Montagnes, déserts, campagnes, forêts : la nature joue un rôle considérable sur le corps et l’esprit.

Marche et nature

La combinaison des deux éléments, marche et nature, permettrait donc d’apaiser son esprit, mais aussi de le stimuler ! Ce n’est pas un hasard si la marche a, comme peu de sujets, inspiré de nombreux écrivains, poètes, scientifiques et philosophes.

« Je suis intimement persuadé que la fréquentation d’un bois, d’une montagne, d’un rivage, apporte quelque chose de formidablement ressourçant, peut-être parce que elle nous permet de nous caler sur le rythme des saisons, ce qui doit contribuer à l’équilibre et à la guérison de l’organisme » témoigne David Servan-Schreiber dans son dernier livre On peut se dire au revoir plusieurs fois.
Hippocrate vantait déjà la sagesse des voyages à pied afin de « renouveler sa perception du monde ».
Il y a deux siècles, Jean-Jacques Rousseau suivait ses pas : « marcher c’est vivifier son esprit. »
Plus proches de nous, le philosophe Denis de Rougemont en appréciait le rythme : « marcher, c’est vivre la lenteur au sein du silence. »
Pragmatique, l’écrivain Jean Giono conseillait la marche comme remède à la pensée: « Si tu n’arrives pas à penser, marche ; Si tu penses trop, marche ; Si tu penses mal, marche encore. »
Une idée déjà soulevée par le Bouddha qui résumait les bienfaits de l’activité en ces termes : « Marcher en conscience purifie l’esprit des pensées obstructives. »
Nous pourrions multiplier les citations de grands hommes sur la marche, mais ces quelques exemples merveilleux, nous ouvrent d’ores et déjà les portes insoupçonnées de ses vertus. En harmonisant le corps et l’esprit la marche permet donc l’élévation spirituelle. De nombreux penseurs (et marcheurs) expliquent le phénomène par les raisons suivantes :
– L’homme a été conçu pour marcher, la paléontologie le confirme, pour vivre il fallait marcher !
– Son rythme lent calme l’esprit, installe l’harmonie avec les lieux traversés, particulièrement dans la nature, créant ainsi un terrain propice à la méditation.
– La répétition du geste, utilisée dans de nombreuses traditions spirituelles, permet de libérer l’esprit.
– La marche est une énergie gratuite, renouvelable, écologique.
– Marcher, c’est vivre au rythme naturel de sa respiration, marcher c’est respirer.

De nombreuses civilisations ont utilisé la marche comme outil de travail intérieur et même parfois de libération finale, pour atteindre la compréhension subtile et globale des choses.
Parmi les exemples citons : la marche indienne, considérée par les plus grands maîtres hindous comme un yoga en soi, la marche permet de mieux comprendre sa relation au monde. Les grands Sâdhus hindous considèrent la marche comme leur activité spirituelle principale.
La marche chamanique : très ancienne, elle relie l’homme à l’univers en commençant par la terre où il ancre ses pieds mais plus globalement avec la flore, la faune et les autres hommes. Elle est considérée comme une technique chamanique pour atteindre l’extase.
La marche tibétaine : spectaculaire, cette marche difficile à pratiquer, est un outil permettant d’atteindre le fameux « éveil » tibétain. Ultra rapide, très endurante, en haute altitude, la « Lung gom pa » n’est pas accessible à tous. Padmasambhava, grand maître indien qui a introduit le bouddhisme au Tibet, la décrit comme : « une méthode utilisée pour acquérir la clarté de l’esprit, la légèreté du corps, la rapidité des pieds par le contrôle de la respiration » (voir les écrits d’Alexandra David-Néel)
La marche afghane : pratiquée en montagne par les bergers afghans afin de parcourir de très longues distances sans fatiguer, elle est basée sur la synchronisation entre la respiration et un pas rapide.
Quels que soient l’époque et le lieu, l’homme n’a jamais cessé de marcher. Le domaine d’expression de Terres d’Aventure, le spécialiste du voyage à pied, apparaît donc sans limite, tant dans le temps que dans l’espace. Enfin, source inépuisable de découvertes, la marche mérite bien que l’on tente de l’aborder. Chacun choisira sa « meilleure façon de marcher », parmi celles précitées et tant d’autres : marche zen, taoïste, méditative, marche solitaire de David Henry Thoreau, marche illuminatrice de Herman Hesse… ou encore la sienne, tout simplement.

Lionel Habasque
PDG de Terres d’Aventure

Commentaire (1)
François3 octobre 2011 à 4 h 07 min

Bonjour,

Voici une citation que j’aime particulièrement qui va dans le sens de cet article.

“La marche apaise. La marche recèle une énergie bénéfique. Cette façon de poser régulièrement un pied devant l’autre tout en ramant au même rythme avec ses bras, la fréquence accrue de la respiration, la légère stimulation du pouls, les activités oculaires et auriculaires indispensables pour déterminer sa direction et préserver son équilibre, la sensation de l’air qui vous frôle l’épiderme : autant de phénomènes qui, d’une manière tout à fait irrésistible, rameutent et rattachent le corps à l’esprit, et font que l’âme, si étiolée et estropiée qu’elle soit, prend de l’ampleur et grandit.”
~Patrick Süskind

A bientôt

François