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Le Tigré, une terre rêvée pour le trek

Par - le 26 décembre 2014

Après le Simien et Lalibela, Eric, guide Terres d’Aventure, a découvert la région du Tigré, en Ethiopie. Interviewé par le journaliste Jérôme Pilleyre, il revient sur cette reconnaissance et partage ses impressions.

© Jérôme Pilleyre / Eric Babikian / Ethiopie / Le Tigré

Cette reconnaissance dans le Tigré est votre deuxième voyage en Ethiopie. Toujours conquis ?

Plus que jamais. Vieilles d’un an à peine, les impressions emmagasinées lors de la « Grande traversée du Siemen à Lalibela » ont été non seulement confirmées, mais enrichies, les conditions n’étaient pas les mêmes. Dans le Tigré, je n’avais pas la responsabilité d’un groupe. Je n’avais qu’à me concentrer sur les paysages, les sites culturels, les villages, afin de concocter des itinéraires qui soient à la fois authentiques et à fort potentiel de randonnée. Tout au long de ce deuxième voyage, j’étais donc plus dans la contemplation et le plaisir de l’effort. Cette immersion plus forte et plus spontanée a décuplé mes impressions toutes extrêmement positives.

Le Tigré s’enorgueillit de nombreuses églises…

La dimension culturelle est plus importante que dans le Siemen moins densément peuplé et où il y a logiquement moins d’églises. Dans le Tigré, les églises sont comme en Cappadoce, au cœur de la Turquie, sculptées en négatif dans la roche. Toutes ne sont ainsi pas faciles à atteindre. Au-delà de l’effort physique, il y a la peur du vide à surmonter même si l’accès est sécurisé. Les fresques qui mêlent l’Ancien et le Nouveau Testaments sont généralement bien conservées. Elles sont toujours surprenantes pour des Occidentaux peu habitués à voir des figures bibliques avec la peau noire. Les prêtres sont accueillants, dévoués et, avec un peu de chance, comme ce fut notre cas, on peut assister à un baptême orthodoxe.

© Jérôme Pilleyre / Ethiopie / Le Tigré

Le Tigré a bien un réel potentiel touristique…

Que la région soit encore relativement épargnée par le tourisme n’est pas le moindre de ses atouts. Les enfants viennent gentiment à votre rencontre, les vieillards qui palabrent s’interrompent pour saluer. Les gens sont fiers. Leur dénuement n’a rien de miséreux. C’est une région agricole.
Quant aux paysages, la diversité géologique leur offre des formes surprenantes et des couleurs incroyables, et les cultures de céréales, après la saison des pluies, déclinent des nuances de verts qui, au fil du temps, vont laisser place à des nuances de jaunes. Le Tigré tranche vraiment avec le Siemen et ses paysages de landes.

Cette reconnaissance va se concrétiser comment sur le terrain ?

Deux treks seront proposés. Le premier de douze jours combine le Tigré et Lalibela avec, entre les deux régions, un magnifique transfert par la route. Le second associe le Tigré et le Siemen avec, en guise de coupure entre les deux massifs, la visite de la ville historique d’Axoum. Etalé sur quinze jours, ce deuxième voyage sera coté « trois chaussures » contre deux pour le premier. Les deux massifs sont vraiment complémentaires. Si le Siemen s’étire 1000 mètres plus haut, le Tigré, même à 2000 d’altitude moyenne, s’avère plus vertigineux avec des passages parfois acrobatiques et aérien, mais toujours optionnels.

Propos recueillis par Jérôme Pilleyre

© Jérôme Pilleyre / Ethiopie / Le Tigré