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Retours sur l’ascension du pic Lénine

Par - le 5 octobre 2012

A l’ouest de l’Asie centrale, se dresse la chaîne du Pamir, avant-goût de l’Himalaya qui compte trois des quatre plus hauts sommets de l’ex-Union soviétique. Parmi eux, l’un des 7 000 les plus appréciés des alpinistes, le pic Lénine, dressé entre la Kirghizie et le Tadjikistan (7 134 m). Quinze clients et deux guides Terres d’Aventure ont réussi son ascension en août dernier. Guillaume, l’un des guides et Laurence, une cliente reviennent sur cette belle expérience.

Guillaume
« Il est bientôt 4 heures. Nous quittons le camp 3 pour tenter le sommet. Un mélange d’excitation et de doute nous envahit. Cela fait plus de deux semaines que nous nous préparons. La chance semble au rendez-vous, il ne fait pas froid et le vent souffle peu
Enfin le jour se lève, le camp 3 est déjà loin et je peux mesurer toute l’ampleur de l’itinéraire depuis le camp de base jusqu’ici… Au pied du Rasoir, je rattrape une partie du groupe, c’est la partie la plus raide de la journée. Les conditions sont parfaites, la trace y est facile et l’effort est à la mesure de l’objectif, j’approche de mon premier 7000…
Jean-Noël, l’autre guide, nous montre le chemin du sommet en traçant quelques pentes… Par radio, il m’annonce son arrivée au sommet. Bientôt, c’est à mon tour de fouler le sommet qui a occupé une bonne partie de mes pensées tout au long de ce début d’été. A leurs rythmes, les summiters arrivent, les émotions sont fortes, mais souvent altérées par l’effort. L’investissement de chacun durant cette ascension est à la hauteur de la récompense. 7 134 m… Déjà on se prend à rêver à d’autres montagnes plus hautes, plus loin, plus grandioses. »

Laurence
« 20 août 2012, camp 3 du pic Lénine, 6 040 mètres, 4 heures du matin. Me voilà prête pour l’assaut final, avec en moi un mélange d’excitation et d’appréhension. C’est mon premier 7 000 après tout ! Je ne peux m’empêcher de penser ; « et si je n’y arrivais pas ? ». Et puis aussitôt après, je balaie cette pensée négative. Nous partons, les uns après les autres. C’est « tempête de beau temps » comme disent les guides, la plus belle journée de notre périple.
Allez, je me lance. Je me sens un peu seule dans la nuit ventée, mais je finis par rattraper Brice, la force tranquille du groupe, le summiter expérimenté. J’ai froid aux pieds, aux mains, je doute, je me sens si petite. Je craque. Aucune raison pourtant ! Il fait beau, et le lever du soleil offre un spectacle rare. Et là, Guillaume me rejoint : il desserre mes chaussures, je change de gants, je mets un masque, je mange, je bois du thé, et après quelques encouragements, je repars. Me voilà au pied du Rasoir, le bien nommé : une pente à 35-40 degrés. Soudain, je lève la tête et le Pic s’impose à mes yeux. Oh, il est encore loin, mais je le sens définitivement à ma portée : il m’appelle. Plus rien ne pourra m’en détourner et je sais en mon for intérieur que j’irai au sommet. Je rejoins Bruno et on finira ensemble. Midi, j’atteins le sommet, et toutes les émotions remontent, la joie explose, je pleure à chaudes larmes, parce que je suis à 7 134 m, parce que j’ai réussi mon pari, parce que mes efforts ont payé. Et puis, fichtre, qu’est-ce que c’est beau ici ! »

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