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Terdav au sommet : Yala Peak et Kanja La

Par - le 7 mai 2012

Mars-avril au Népal, les rhododendrons sont en fleurs mais en altitude, une épaisse couche de neige recouvre encore les sommets. Hélène et Fredéric – respectivement conseillère voyage à Paris et client de Terres d’Aventure – en reviennent tout juste. Accompagnés de cinq autres personnes, ils ont relevé un double défi : l’ascension du Yala Peak (5732m) et le difficile passage du Kanja La (5310m). Ils nous racontent leur voyage.

Le témoignage de Frédéric

Le Kanja (5130m) est un col aérien et vertigineux, perdu au bout de la vallée du Langtang, qui permet de rejoindre l’Helambu et la région de Katmandu. En ce début d’année, le Kanja La est perdu sous la neige et les conditions météo, en raison d’un printemps hivernal, sont particulièrement mauvaises. Le col est devenu redoutable – personne n’est encore passé dans l’année – et il ne tolère aucune erreur sous peine de chute vertigineuse. Pour ce passage, notre trek se transforme en caravane. L’ensemble du groupe – guides, porteurs, cuisiniers – et tout le matériel doit passer sans encombre de l’autre côté de la montagne. Nous parvenons au camp de base, à 4800m, sous le vent, la neige et le brouillard, et plantons les tentes sans même apercevoir le col convoité. Au petit matin, la chance est avec nous. Le ciel se dégage juste le temps pour nous de sécuriser le franchissement de la corniche d’accès au col. Nous pouvons ainsi assurer le passage, un à un, de chacun des porteurs et membres du groupe.

L’équipe au complet

Jamais le mot solidarité ne m’a semblé si fort : les pas de chacun devenaient précieux pour tous. Ce n’est que lorsque le dernier d’entre nous fut passé que nous nous sommes applaudis et embrassés pour fêter cette première de l’année. Et l’intense émotion qui s’est emparée de nous tous restera à jamais comme un de mes plus beaux souvenirs de voyage ! Un grand merci à Terdav et à toute l’équipe népalaise, notamment Passang, Quesap et Souké, sans qui rien de tout cela n’aurait pu arriver.

L’interview d’Hélène

Mur mani

Hélène, connaissais-tu le Népal ?
Pas du tout. Cela faisait pourtant très longtemps que j’avais envie de partir. Il y a quelques mois, Frédéric et son ami Jean-François sont venus à l’agence avec un projet de voyage au Népal. Avec l’aide de l’équipe Népal de Terres d’aventure, ce projet est devenu réalité. Un jour, Jean-François me dit sur le ton de la plaisanterie : « Allez ma grande, je t’invite, joins-toi à nous ! ». J’ai relevé le défi et fait mes bagages pour le Langtang.

Comment t’es-tu préparée pour ce voyage ?
J’ai l’habitude de courir deux fois par semaine avec des collègues, à l’heure du déjeuner. Les semaines précédant mon départ, j’ai aussi profité des week-ends pour pratiquer la course à pied et la rando en intensifiant le rythme à mesure que le départ approchait.

Tu as choisi une ascension très engagée (niveau 4). Comment cela s’est-il passé ?
Physiquement, cela a été éprouvant et ce, même si nous étions bien préparés. J’ai notamment souffert du mal des montagnes. Une nuit je me suis réveillée avec un œdème au bas du visage. On aurait dit Donald Duck ! Heureusement que je partageais ma tente avec ma sœur et pas mon compagnon ! Plus sérieusement, l’altitude, l’isolement, les conditions météorologiques (neige, vent, ciel bouché) et bien sûr la vie en groupe nécessitent un mental solide et une bonne capacité d’adaptation.

Le Kanja La (5310m) est un col réputé difficile. Peux-tu nous raconter cette journée ?
Le camp de base est situé juste en-dessous du col. Du camp de base, une longue montée traverse forêt, moraines, et combes enneigées, et aboutit au pied du Kanja La, dont le nom signifie « col de la grande Neige ». La neige justement, recouvrant les pentes abruptes, ainsi que de fréquents éboulements sont les principales difficultés que nous avons eues à surmonter.

Frédéric met l’accent sur le soutien de l’équipe et sur la solidarité prévalant au sein du groupe.
C’est vrai, ils ont été formidables, d’autant que nous étions les premiers à passer le col cette année. En plus des difficultés habituelles, il fallait faire la trace. Le guide a toujours su mesurer les risques d’éboulement et les difficultés du terrain. Les quinze porteurs étaient tous extrêmement sympathiques. Ils travaillaient en chantant, et cela nous aidait à garder le moral. Quant à nous, nous avions à cœur de réussir tous ensemble et adaptions notre rythme à la forme de chacun.

Quel type de paysages t’a marquée ?
L’arrivée au col est inoubliable et mérite les efforts consentis pour y arriver. La vue sur l’Helambu est inoubliable. Par temps dégagé, le panorama offert au sommet du Yala Peak (5732m), sur le Shishapangma (8013m), quatorzième plus haut sommet du monde, est à couper le souffle. Je garde enfin le souvenir de paysages encapuchonnés d’une neige aussi blanche et pure que du coton, où évoluaient des yaks loin d’être farouches.

La vallée du Langtang se situe au nord de Katmandou et à quelques kilomètres au sud du Tibet. Quelles traces de cette culture tibétaine as-tu remarqué ?
Nous sommes en plein Pays tamang, un peuple bouddhiste venu du Tibet et vivant principalement de l’agriculture. Le bouddhisme imprègne profondément les paysages. Des monastères sont érigés sur les contreforts des montagnes et les drapeaux de prière claquent au vent. Nous avons aussi contourné de nombreux murs mani, ces amoncellements de pierres gravées de sutras qui essaiment les pâturages.