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De St Martin de Arrosa à Lourdes

Par - le 23 mars 2012

Du 2 au 16 Mars 2012 – 2935 km

Peu à peu, nous quittons le pays basque pour nous enfoncer dans les Pyrénées. Derniers panneaux écrits en basque, derniers frontons, dernier jeu de pelotte partagé avec des enfants sur la place d’un village… Ce pays nous aura marqués par sa beauté et son authenticité.

Nous grimpons à présent vers les premiers sommets des Pyrénées. Le ciel est clair et dégagé, toutefois, nous avons conscience qu’en plein mois de mars, nous n’attaquons pas cette partie du tour de France – Terres d’Aventure au moment le plus simple. L’hiver est encore bien présent, et avec lui, la neige et le givre.
L’état des lieux est le suivant : nous progressons seuls, sans assistance logistique ni accompagnement, et mis à part nos bonnets, nos gants et une polaire renforcée, nous ne disposons d’aucun équipement professionnel contre le froid. Nous sommes bien évidemment curieux et désireux de marcher dans la neige, mais en utilisant des moyens pour nous permettre d’avancer en toute sécurité. Ce qui n’est pas le cas à ce moment précis. Nous avons donc décidé de longer les limites neigeuses sans se retrouver dans un univers dangereux et incontrôlable.


Coup d’œil sur la carte et appel auprès des autorités locales qui nous confirment bien que le GR10 et la frontière sont impraticables en l’état. Par contre, nous dit-on, il existe une petite route en contrebas, plus longue, mais qui mène au même endroit, et qui est ouverte. Le lendemain matin, nous échangeons avec le propriétaire de l’auberge où nous avons passé la nuit : il nous conseille également de passer par cette route, qui est, au demeurant, particulièrement belle. Nous sommes alors à 550m d’altitude. Très rapidement, nous dépassons un panneau « Route Barrée » pour les voitures. Mais la route est parfaitement claire, et ce, sur plusieurs kilomètres. Nous pensons qu’elle sera recouverte de givre ou de neige un peu plus loin mais que cela ne nous empêchera pas d’avancer. N’ayant pas eu de contre-indication pour la randonnée sur cette section, nous continuons…


Le chemin continue à serpenter, courir vers les sommets, peuplé ça et là de chevaux sauvages. Des fermes et des refuges se détachent dans les prairies, le ciel est d’un bleu vif, la vallée extraordinairement verdoyante. Un véritable petit eden…
Et tout à coup, à 900 mètres d’altitude, le paysage change. Doucement, tout d’abord. On voit apparaître des plaques de verglas et des amas neigeux. Il devient plus difficile d’avancer sans glisser mais l’esprit d’aventure est plus fort que le reste. Et soudain, au détour d’un flanc de montagne, nous nous retrouvons dans un extraordinaire champ de neige immaculée ! Le soleil se reflète dans la vallée blanche, les flocons brillent… à perte de vue ! Autour de nous, pas un bruit, pas une âme qui vive… nous sommes seuls au monde à admirer, à cet instant précis, cet incroyable spectacle.


Après quelques minutes de contemplation, nous reprenons notre marche, conscients que nous ne pouvons nous permettre de rester ici plus longtemps, et quelques kilomètres plus loin, nous regagnons la route bitumée et déneigée. Encore sous le charme, nous passerons la soirée dans le refuge des Chalets d’Iraty, à 1350 mètres d’altitude, pour nous réveiller, le lendemain matin, entourés de la chaîne des Pyrénées, à la blancheur absolue.

Aurélie et Laurent

La vidéo de l’étape précédente:


Épisode 15: de Biarritz à St Jean Pied de Port par Tour-De-France-a-Pied

Commentaires (2)
thierry Gioux28 mars 2012 à 21 h 04 min

Trop ballot !! ton portable ne portait pas dans la montagne,et je n’étais pas là lorsque tu as appelé !
On se verra à paris,ou à ton arrivée au Touquet ? Chiche ?

Jérôme31 mars 2012 à 8 h 50 min

Belle aventure.
Ca doit être magnifique de voir l’évolution des paysages, les différences entre les côtes bretonnes et les Landes, la montagne et la neige…