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Evian – Istanbul : l’odyssée grecque à vélo

Par - le 22 septembre 2016

Après être arrivés à bon port, nous vous retrouvons pour le 4ème et dernier article de notre voyage. Reprenons là où nous nous sommes arrêtés, à l’arrivée en Grèce, toujours sur nos vélos.
Evian-Istanbul : l'odyssée grecque à vélo

Deux nuits de bateau depuis Bar, dans le Monténégro, pour rejoindre Patras. Nous faisons nos premiers tours de roue sur le sol grec sous de bons auspices : l’accueil que nous réservent les Grecs et la douceur des spécialités culinaires locales nous encouragent pour la dernière partie du voyage. Le plan est de traverser la mer Ionienne puis de longer la côte jusqu’à Galaxidi, d’où nous repiquerons sur Athènes en passant par la mythique ville de Delphes.

Nous décidons d’abord de rester deux jours à Patras, où nous prenons du bon temps et faisons d’agréables rencontres : le personnel d’un restaurant où nous prenons tous nos repas tant la nourriture est bonne. Nous ressentons tout de suite l’intérêt et l’enthousiasme du regard des locaux. C’est ce qui nous avait peut-être parfois manqué dans les Balkans, où nous avions moins l’occasion de partager notre expérience. Ici, le contact se crée facilement, les gens aiment partager avec nous leur culture et nous viennent volontiers en aide quand nécessaire.
Evian-Istanbul : l'odyssée grecque à vélo

En route donc pour la dernière ligne droite ! À la fois un peu tristes d’en finir avec un si beau voyage, mais aussi contents et fiers d’être allés jusqu’au bout.

Evian-Istanbul : l'odyssée grecque à vélo

Nous prenons la route en direction de Delphes, fameuse cité réputée pour avoir hébergé l’Oracle… nous en retiendrons surtout son huile d’olive et sa tapenade, consommées ici matin, midi et soir. La cité surplombe la plus vieille oliveraie du monde, la souche date de plus de 3000 ans, le tout rend cet endroit vraiment particulier à nos yeux, et une force secrète y est enfouie.

Nous partons de la côte pour monter à 1200 mètres, ce qui nous aurait fait peur il y a quelques semaines de cela, mais après les 13000 mètres de dénivelé positif s’affichant au compteur, nous attaquons notre dernière montée de pied ferme, sans doute un des moments les plus plaisants du voyage. Peut-être déjà dû au sentiment que la fin se rapproche, mais aussi car le paysage est vraiment à couper le souffle.

Evian-Istanbul : l'odyssée grecque à vélo

Evian-Istanbul : l'odyssée grecque à vélo

Nous avions décidé de supprimer l’Albanie pour profiter davantage de la Grèce, nous n’y manquerons pas. Nous prenons le temps de laisser parfois les vélos de côté pour aller randonner dans les hauteurs. Alors que dans les coups durs nous avons attendu retour et repos, nous en sommes rendus à les appréhender. A croire que l’on désire toujours ce que l’on ne peut avoir !

Plus qu’une dernière descente de 40 kilomètres et un plat de 90… et nous voilà arrivés à destination finale. Une dernière rencontre fait de notre dernière soirée l’une des plus mémorables : l’arrivée à 20h au village de Platès (à 70 kilomètres d’Athènes) avait pourtant mal démarré, les locaux ne voulaient pas de nous, ils nous déconseillaient fortement de planter la tente sur leurs terrains, et l’hôtel du coin sentait la grosse arnaque. Mais Spiros était là. Sa mère et lui tiennent un restaurant aux abords du village, ils nous accueilleront à bras ouverts, nous servant leurs plus fameux mets. Après 70 km dont 12 d’autoroute, nous voilà rendus à Athènes.

Quelques tours en ville pour préparer le retour et surtout protéger les vélos dans l’avion. Il nous faudra en effet démonter la roue avant, désaxer le guidon et enlever les pédales.
Evian-Istanbul : l'odyssée grecque à vélo
Evian-Istanbul : l'odyssée grecque à vélo

Deux semaines après, nous voilà repartis pour notre aventure quotidienne ! Métro boulot dodo… pour certains, pas pour Nico qui est parti de son côté se reposer 1 mois sur les plages indonésiennes.

Pour ceux qui vogueraient sur les mêmes eaux, voilà nos coups de cœur :

  • Le lac Léman et la route cyclable qui longe le Rhône,
  • Le col du Grand Saint-Bernard en Suisse, s’ensuit la descente de la vallée d’Aoste en Italie,
  • La montagne de Delphes surplombant la mer des Oliviers.

Ce premier voyage à vélo restera marqué dans nos mémoires, pour les bons moments comme les moins bons. Etre ensemble et solidaires nous aura permis de les apprécier d’autant plus. Nous avions fait le choix de partir avec un cap et prévoir les itinéraires le jour même, pour être pris à l’improviste par de bonnes surprises et pouvoir se laisser le temps de profiter de nos vacances en oubliant le défi sportif que cela impliquait. Même si préparer précisément en amont les routes à prendre permet d’éviter les mauvaises surprises et le trafic, pire ennemi des cyclotouristes. Nous aurons accompli 1500 kilomètres d’Evian à Athènes et non les 2700 prévus d’Evian à Istanbul. Ce n’est que partie remise pour nous car cela nous a donné soif de renouveler ce genre d’aventure !

Nico, Raph et Victor