Kares Le Roy a Terdav

Par - le 27 décembre 2013

Exposition KARES LEROYJusqu’au 6 janvier, nous avons l’honneur d’exposer les tirages de Kares Le Roy à l’agence Terres d’Aventure de Paris. A cette occasion, Kares a bien voulu répondre à nos questions sur son parcourt et son travail.

Comment a commencé le projet 56000km?

Le projet 56000km a commencé en juillet 2009 par un départ en voyage après avoir travaillé pendant 8 ans dans l’industrie du disque. J’ai pris un avion pour l’Indonésie qui est mon kilomètre 0 et suis rentré en France par les terres. Entre Jakarta et Istanbul, j’ai parcouru 56000 kilomètres sur le continent asiatique à la recherche des dernières cultures qui subsistent à la mondialisation. C’est un travail plus proche de l’ethnographie (une branche de l’anthropologie, qui étudie l’être humain sous tous ses aspects à travers le médium de la photographie ou du dessin) que de la « photographie de voyage ». Je ne me prend pas pour un aventurier ou un globe-trotter malgré les apparences. En tous cas, ce n’est pas ce que je veux représenter. Il ne faut retenir de ce périple la traversée de l’Inde à moto par exemple mais plutôt les peuples que j’ai pu approcher. Je suis avant tout un portraitiste qui s’intéresse à la beauté du monde, et me déplace pour faire mon travail. 56000km est le premier projet commercialisé avec un livre « 56000 kilomètres – un continent et des hommes » (aux éditions Amu Darya). Il présente d’une façon générale les peuples et leurs façons de vivre de l’Asie du Sud Est au Moyen Orient. La suite sera plus approfondie.

01_KaresLeRoy_Tribu-Karen_Nord-Thailande

Quels sont les 3 moments forts de ton voyage ?

© KaresLeRoy / Tsaatan / MongolieUn des moments les plus forts est lorsque je suis arrivé après 11 jours à cheval chez les Tsaatans. Ce peuple d’éleveurs de rennes du Nord de la Mongolie. Pour plusieurs raisons.Déjà parce qu’il correspond au moment ou je me suis senti le plus loin de tout ; ce qui n’était pas qu’une sensation puisque l’endroit où ils vivent est un des plus reculé du monde mais aussi parce qu’il correspondait à une année entière de voyage et que je réalisais que, là face à moi, toute l’Asie centrale restait à découvrir. Au milieu de cette culture nomade, je me suis allongé parmi les rennes qui s’endormaient devant les tipis. C’était fabuleux!

Je me souviens aussi de l’émotion que j’ai eu en arrivant à Samarcande par le train que j’avais pris depuis Tashkent en Ouzbékistan. C’était un de mes rêves de me rendre dans cette ville. Ancienne capitale de la civilisation perse, Samarcande est un des carrefours de la route de la soie mais c’est surtout le nom de l’incroyable livre d’Amin Maalouf que j’ai lu à de nombreuses reprises depuis mon plus jeune âge. Elle se situait au croisement de toutes mes influences culturelles et me retrouver face au Registan, ce combo de medersas (écoles coraniques), m’a beaucoup ému.

© KaresLeRoy_amarcande_Ouzbekistan

Enfin je dirais que l’ensemble de ma traversé de l’Iran constitue le moment fort du voyage. Ce pays, tellement stigmatisé, est pourtant le coeur de l’une des premières civilisations au monde. J’avais mis la barre très haute avant d’arriver à Téhéran. Aucune déception. Je suis tombé sous le charme de sa musique, de son architecture, de sa nourriture, de son peuple. Vraiment, et de loin, c’est le plus bel endroit au monde. J’ai reçu un accueil incroyable et mes souvenirs sont tellement nombreux que je ne pourrais tous les citer. Depuis je planifie plusieurs projets dans ce pays et autour de la civilisation perse. J’aimerai, à ma façon, lui rendre ses lettres de noblesse.

© KaresLeRoy / Isfahan / Iran

Qu’est-ce qui constitue pour toi une belle photo ?

La beauté d’une photo est subjective! Pour moi, une photo « marche » ou pas. Dans tous les cas, elle doit raconter une histoire. J’aime les profondeurs dans les volumes mais aussi la densité, que ce soit avec les couleurs ou le noir et blanc. J’aime les images fortes de Joakim Eskildsen dans son livre The Roma Journey, ou l’intensité du travail de Giorgia Fiorio avec The Don, ou même encore dernièrement le reportage magnifique de Matthieu Paley : Pamir, Oubliés sur le toit du monde. C’est ce genre de travail qui me parle. Je vois plus la photographie dans son ensemble que le fait d’avoir réalisé une belle photo.

© KaresLeRoy / Buzkashi / Tadjikistan

Comment s’est faite la rencontre avec Terres d’Aventure ?

Je connaissais l’agence de réputation et l’ai contacté via sa page Facebook cet été. Mon film « 56 000 kilomètres au coeur de l’Asie » qui résume en vidéo mon parcours venait d’être lancé j’ai alors simplement envoyé un message pour en connaître leur avis. Agréablement surpris par le retour rapide et positif que j’ai reçu, un rendez vous s’est organisé après mon retour des Balkans, où je me trouvais à ce moment là. Tout s’est enchaîné très vite puisque votre iconographe, Céline Quéric, m’a directement proposé d’exposer dans vos locaux. Une belle manière de finir ce projet puisqu’après cette exposition et le documentaire que je termine sur la vie de la Grand mère (en couverture de mon livre), je passe au projet suivant. Cela fait deux ans que je le défend mettant entre parenthèse les différents voyages que j’ai fais entre temps, j’ai besoin de me replonger entièrement dans d’autres sujets. Je repars donc travailler sur les dernières tribus d’Asie centrale d’ici mars prochain.

le film 56 000 kilomètres au coeur de l’Asie

Kares Le Roy – 56000km au coeur de l’Asie from Amu Darya on Vimeo.

Comment fait-on pour suivre ton travail?

En générale l’essentiel de mon travail se retrouve sur www.karesleroy.com. Sinon je communique beaucoup sur les réseaux sociaux tels que ma page facebook : www.facebook.com/bykares ainsi que sur mon instagram : www.instagram.com/karesleroy dévoilant le « backstage », moins axé sur mes images fortes.

© KaresLeRoy_56000kilometres_coverbook

Merci à Terres d’Aventure pour l’accueil et surtout à Celine Quéric pour sa patience durant l’accrochage de cette exposition 😉