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Maroc : les 4000 du Toubkal

Par - le 11 février 2011

J’étais déjà venu à Marrakech, la ville à beaucoup changé. L’aéroport touche désormais la ville, c’est impressionnant. Nous nous retrouvons en fait le lendemain matin, tous au tour de notre guide Mohamed, nous sommes 9 participants. Présentation, puis briefing du voyage, le temps, les chaussures, la tenue, l’eau et le timing de la journée. Puis nous quittons Marrakech pour rejoindre le plateau du Tichka où nous découvrons les premiers reliefs de l’Atlas et ses paysages verdoyants.

À Afra, nous faisons connaissance avec l’ensemble de l’équipe qui nous accompagnera pendant notre randonnée : notre cuisinier, nos muletiers et leurs mulets de bât. Après le chargement du matériel, (impressionnant ! l’équipement et les vivres que nous emportons pour cette randonnée de 11 jours en montagne) et nous entamons notre première marche dans la vallée jusqu’au bivouac du soir au village d’Assats, à 1600 m d’altitude.

La dégustation de notre premier tagine en pleine nature est l’occasion de faire vraiment connaissance avec ces berbères de l’Atlas. Le lendemain, les choses sérieuses commencent ! Nous marcherons 6 heures au coeur de la vallée de l’Ourmia, traversant ses villages typiques de terre rouge.

Durant 4 jours, nous poursuivons notre itinéraire où vallées encaissées, cultures en terrasse, sommets et cols enneigés se succèderont. Le village « le plus haut » de l’Atlas, Ibsen, restera un souvenir inoubliable. Nous franchissons le col avant d’atteindre le plateau de Tachait à 2300m.

Ce qui est formidable, c’est la gentillesse et la disponibilité de cette équipe : les muletiers chantent en marchant, ils font des blagues aux guides, l’équipe est gaie et soudée. Ils nous donnent la pêche et sont aux petits soins pour nous, nos petits bobos ou nos coups de blues ! Et rien de tel qu’une crêpe berbère à la descente d’un col ou d’un sommet après 7 heures de marche !

Nos bivouacs, chaque jour différents, seront l’occasion de veillées mémorables où nos accompagnateurs évoqueront la vie des vallées, les traditions et la lente mais inévitable modernisation des modes de vie. On a pourtant toujours l’impression de toucher du doigt la véritable ruralité dans ces montagnes encore très peuplées.

Nous atteignons le lac d’Ifni le 8ème jour, à 2300m d’altitude. Ses eaux vertes tranchent avec l’ocre des montagnes qui l’encerclent. Après une courte montée dans une gorge étroite, nous atteignons le Tazi Nounous, à 3650m, avant de redescendre sur le refuge du Toubkal.

Le refuge Nelter, en hommage au français Louis Nelter, chargé de dessiner la carte géologique du Haut Atlas Occidental, est le point de départ incontournable de la montée du Toubkal. Tous les randonneurs s’y retrouvent avant d’entamer l’ascension de la « montagne des Montagnes », point culminant de l’Afrique du Nord. Ambiance garantie !

Nous démarrons l’ascension du Toubkal qui culmine à 4167m par la voie classique versant nord. Après cette mise en jambe, c’est un autre sommet, celui d’Ouanoukrim à plus de 4000 m que nous franchirons le lendemain ! Les villages que nous traverserons lors de notre descente dans la vallée prolongeront notre immersion dans cet environnement rural encore quelques jours.

Après notre dernier pique-nique et nos adieux touchants avec l’équipe, nous amorçons notre retour à la « civilisation » avec nostalgie.

Par Manuel Tavernier.