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Yoga aux sources du Gange

Par - le 14 mars 2011

Récit d’un trek en Inde, aux sources du Gange.

Les voyages le long des contreforts himalayens m’ont toujours attirée, et quand il s’agit de suivre l’un des grands fleuves mythiques d’Asie jusqu’à sa source, comment résister à l’appel de l’aventure …

Terres d’Aventure a préparé ce périple, nous permettant de nous plonger un peu plus à fond dans les méandres de ce pays complexe, et notre guide Didier nous propose tous les matins des séances de yoga, pour tous niveaux, débutants ou adeptes déjà bien avancés.

Le 2e jour, dès l’arrivée, une petite balade dans Old Delhi et ses ruelles surpeuplées autour de la grande mosquée Jama Masjid, nous met vite dans l’ambiance, avant de prendre un train qui nous mène à Vikasnagar, au bord de la Yamuna, un autre fleuve sacré. La nuit dans un « ashram » est une première expérience pour la plupart!

C’est seulement le 4e jour que nous arrivons sur les rives mythiques du Gange, à Haridwar, ville sacrée aux innombrables temples, où se déroulent régulièrement de grands rassemblements de pèlerins et, tous les quatre ans, une des grandes fêtes religieuses comme seule l’Inde peut en organiser, la Khumb Mêla.

Un peu plus haut, à Rishikesh, le fleuve s’élargit dans la plaine et prend sa vitesse de croisière pour parcourir les 1 700 km qui le mèneront jusqu’au au golfe du Bengale.

Il nous faut ensuite prendre la route deux jours durant pour remonter vers les sources. Le Gange est formé par deux torrents : à Devaprayad, la Bhagirathi se mêle aux eaux turquoises de l’Alaknanda.

Au fur et à mesure de notre progression sur les contreforts himalayens, les hauts sommets enneigés enserrent les vertes vallées. La route suit le cours de la rivière, prend de l’altitude et grimpe au-dessus de gorges vertigineuses où se déversent les eaux tumultueuses du torrent venu du glacier de Gaumukh, plus de 2000 mètres plus haut.

Le 8e jour, nous arrivons à Gangotri (3100 m), petite bourgade construite autour de son temple, où nous passons la nuit. Les rues sont encombrées de sâdhus, installés de chaque côté de la rue menant au sanctuaire, attendant les oboles des pèlerins.

9e jour. La source de la Bhagirathi se trouve 19 km plus haut. Des sâdhus vont et viennent au gré de leurs prières et de leurs méditations, des pèlerins venus de toutes les régions de l’Inde, effectuant les grands pèlerinages (Kedarnath, Badrinath, etc …) se pressent le long du sentier qui traverse forêts de pins et de papyrus. Les superbes monts Shivling apparaissent tout à coup au détour d’un rocher et dominent la vallée.

Nous sommes parfois accompagnés par des « blue sheeps » (barals), trottinant plus haut sur les rochers.

Sept heures plus tard, arrivée à Bhojbasa, l’étape pour la nuit, lieu un peu décevant à première vue, l’impression d’un camp militaire fait de béton et tôle ondulée… mais très vite on ne voit plus que le paysage majestueux des sommets alentours. La nuit tombe et le froid se fait plus mordant, nous sommes à 3792m. Le lodge, disons le refuge, a gardé la température hivernale, et il n’y a même pas un petit poêle pour réchauffer l’atmosphère, il y fait glacial !!

10e jour. Tôt le matin, départ vers les sources. Au loin, les faces abruptes déversent blocs de glace, pierres et névés. Il nous faut deux bonnes heures pour atteindre Gaumukh, « le museau de la vache », à 4225m. Le sentier est accidenté, et plutôt vertigineux, de gros névés, restes d’avalanches, le coupent par endroit. La montagne est sans cesse en mouvement.

À l’approche des sources, on passe devant quelques tentes de sâdhus, certains ont une allure incroyable avec de longs cheveux effilochés, tels des loques, regroupés en chignon sur le haut du crâne. On croise quelques rares occidentaux. Nous arrivons enfin au glacier d’où sort une eau limoneuse. La glace est bleutée, des morceaux chutent régulièrement dans les eaux jaunes, et fondent à peine, tant l’eau reste froide malgré le soleil qui tape déjà fort à cette altitude. Ca et là, les pèlerins et sâdhus méditent ou pratiquent des postures de yoga. L’endroit dégage une énergie indescriptible. Je reste là, assise sur un rocher, être minuscule dans l’univers, face au glacier, d’où jaillit ce fleuve de légende avant son long parcours jusqu’à la baie du Bengale.

Elyane Mansuy

Commentaire (1)
chapeau10 mars 2012 à 22 h 54 min

je voudrais connaitre des personnes comme moi qui pratique cette religion sadhus pour connaitre des rassemblements en france si vous connaisser ou si vous ete comme moi je vous laisse mon imail pour un contct je vous repondrais merci et j’espere a tres bientot